QUESTION DES RÉFUGIÉS
Schaller, « tout aussi superflu d'espérer que ces cantons feront voionff tairement le sacrifice de cette indépendance; le peuple n'en veut pas c et est opposé à tout ce qui laisse supposer l'intention de le ramener « au temps de Tunitarisme. » Les députés de Berne avaient beaucoup contribué à empêcher la réforme projetée, en déclarant qu'ils préféraient le statu quo à une réforme qui ne tendrait pas à l'unité complète de la Suisse.
L'impuissance démontrée de la Diète à résoudre la question du Pacte, fit que les amis de la réforme n'attendirent plus le salut de la patrie que des assemblées populaires. Las tirs fédéraux sont le grand levier de la démocratie suisse, de 1824 à 1848.
Le tir fédéral de Lausanne, en juillet 4836, emprunta une signific>ation particulière au discours de son président Druey, qui après avoir félicité les républicains neuchAtelois et leur orateur Jeanrenaud-Besson de leur présence à cette fête patriotique, prononça ces parolas expressives et menaçantes à l'endroit du régime qui dominait à NeuchAtel : « L'indépendance de la Suisse ne sera complète que lorsque toutes les parties du sol helvétique seront etUi&ement affranchies de toute domination étrangère. » La politique tortueuse et les menaces des cabinets étrangers n'avaient pas été oubliées. Le colonel fédéral tessinois Luvini rappela aux carabiniers et à la foule des assistants le noble orgueil national de leurs pères et leur demanda s'ils étaient prêts à en faire le sacrifice.
Pendant que la conférence de Baden succombait dans la plupart des cantons, sauf Lucerne, Ârgovie, Thurgovie, la question des réfugiés continuait à occuper la diplomatie étrangère, qui ne laissait aucun répit au Vorort et le pressait de prendre des mesures rigoureuses. Le duc de Montebello se distingua par le langage impérieux de la note qu'il remit au Vorort et qui tomba comme une bombe au sein de la Diète, le 18 juillet 1836. Malgré les protestations d'une assemblée populaire réunie à Kniuel sur la Sihl, c'est-à-dire à la place où le révolutionnaire zuricois Hœberli avait été fusillé en 1804, là Diète rendit un conclusum ou décret d'expulsion contre ses hôtes dangereux, mais ne visait naturellement que ceux qui auraient abusé du droit d'asile et noté le droit des gens. L'auteur de cette proposition était ce même docteur zuricois Louis Relier de Steinbock, qui avait défendu jusque-là les réfugiés avec le plus d'énergie. Les cabinets étrangers voulaient davantage et réclamaient l'expulsion de tous les réfugiés, sans distinction. Le mot d'extradition avait même été prononcé. Relier et ses collègues de la Diète ne voulurent pas aller jusque-là et entendaient laisser les cantons maîtres de décider, pour chaque cas, si le droit des gens