‹ Histoire de la confédération suisseChapitre 92 sur 127 · CONFLITS AVEC LA FRANGE · texte numérisé non relu

CONFLITS AVEC LA FRANGE

nouveau au sujet d'un Italien nommé Conseil. M. Thiers, le prenant pour un révolutionnaire, en avait fait demander l'expulsion par le duc de Montebello. Or, il se découvrit que ce Conseil était un espion du roi Louis-Philippe. La Diète, qui ne se doutait pas que ce souverain, se défiant d'un ministre qui lui était imposé par la majorité de la Chambre des députés, avait sa police personnelle et secrète, ordonna une enquête sur cette affaire (9 septembre 1836), et en chargea les députés Louis Keller, Monnard et Bourckhardt de Bâle. Les deux premiers s'acquittèrent de leur mandat avec énergie, et leur rapport de majorité, sorti de la plume de Keller, mettait au jour le pitoyable jeu de la diplomatie. Le gouvernement français se vengea de ce qu'il considérait comme un affront par l'exécution du blocus hermétique dont Thiers avait menacé la Suisse et qui devait être nuisible aux deux pays. Dominée par la politique sans dignité du Vorort bernois et le mécontentement des cantons qu'effrayait une rupture avec la France, en présence surtout de Thostilité des autres cabinets, la Diète s'inclina devant la nécessité et biffa son conclusum du 9 septembre. Cela se fit dans une séance qui, sur la proposition des Grisons, eut Heu à huis-clos, contrairement à ce qui se pratiquait depuis 1833, où les séances avaient été rendues publiques à la demande de Thurgovie. Six cantons et deux demi-cantons, ceux de Zurich, Lucerne, Claris, Saint-Gall, Thurgovie, Genève, Bâle-Campagne, AppenzelUExtérieur refusèrent de s'associer au vote de leurs co-États qu'ils considéraient comme déshonorant pour le nom suisse (31 octobre) *.

Malheur au pays qui s'humilie, il est obligé de s'humilier toujours davantage. L'affaire Conseil fut suivie de celle de Louis-Napoléon. Ce jeune prince, fils du roi Louis de Hollande et de la reine Hortense et neveu de Napoléon I", avait été proscrit de France comme toute sa famille. 11 se fixa avec sa mère au château d'Arenenberg, au bord du lac de Constance. Naturalisé thurgovien, élu président du tir cantonal et môme député au Grand Conseil par le cercle de Diessenhofen, capitaine d'artillerie bernois, Louis-Napoléon cachait sous ces dehors républicains la pensée secrète de monter sur le trône de France. Son château d'Arenenberg devint le foyer de menées très actives qui avaient eu pour résultat, en 1836, Téchauffourée de Strasbourg, où Louis-Napoléon, qui avait essayé de soulever la garnison, fut fait prisonnier, et, par grâce spéciale, embarqué pour l'Amérique. Rappelé à Arenenberg auprès de sa mère mourante, il y avait recorn-

' Pour les actes relatifs à cette affaire voir Festchcrin, Eidg, Ahschiedey I, 9S9.

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