GUERRE CIVILE DU VALLAIS
cherchant inutilement à rallier ses hommes, dont 24 tombent autour de lui. Quelques-uns vivaient encore, ils furent achevés par la VteiUe Stusse à coups de crosses et de baïonnettes. Alfred de Werra, beau-frère de Kalbermatten, est assassiné dans un jardin. On évalue à 70 le nombre des hommes des deux partis atteints dans cette cruelle rencontre qui n'avait pas duré plus d'une heure. Ce massacre du Trient fut suivi de l'occupation militaire du Bas-Vallais. Les communes libérales eurent à payer des contributions énormes. L'Ècho des Alpes fut supprimé et les chefs de la Jeune Suisse, Maurice et Joseph Barman n, Joris, Dufour et l'avocat Abbet condamnés à la prison. Une fête d'actions de grices couronna la victoire du Haut- Vallais.
Les députés de ce canton cherchèrent à justilier les faits accomplis en alléguant que si la Jeune Suisse s'était maintenue, elle eût envoyé à la guillotine prêtres et magistrats.
Les scènes du Trient avaient excité une indignation extraordinaire dans la Suisse libérale. Aussi, l'aspect de la bannière aux treize étoiles (symbole des treize dixains) portée par des carabiniers du Haut- Vallais au tir fédéral de Bàle, y occasionna-t-il un affreux tumulte, apaisé à grand'peine par Munzinger de Soleure et le conseiller Minder de Bile. Ces hommes loyaux s'opposèrent énergiquement à la violation de l'hospitalité confédérale. Le massacre du Trient eut son contre-coup au sein de la Diète elle-même où la députation de Bile-Campagne proposa l'exclusion des députés du Vallais, qui étaient le D** Ganioz et le commandant Adrien de Courten. Mais cette opinion ne trouva d'écho que dans la députation d'Argovie (25 juin 1844) ^
Les passions déchaînées n'avaient pas encore eu le temps de se calmer, lorsqu'on apprit que le Grand Conseil de Lucerne, poussant à bout le système de réaction adopté trois ans auparavant, venait de voter rappel des jésuites par 70 voix contre 14 (24 octobre 1844). L'opposition manifeste de 105 membres du clergé, à leur tête le savant prévôt Widmer, le curé Sigrist, le commissaire épiscopal Waldis, et de plusieurs magistrats du parti conservateur, l'historien Kopp, Joseph Mohr et Bernard Meyer lui-même, n'avaient point arrêtés les fougueux partisans des jésuites, Leu d'Ebersol, le chanoine Kaufmaim, Hautt, Siegwai-t, Wendelin Kost et Pillier.
L'ennemi des couvents, M. Augustin Relier, d'Argovie, avait essayé de prévenir cet appel en proposant à la Diète l'expulsion de Tordre des jésuites (19 et 20 août de la même année). Mais trois cantons seule-
^ Wilh. Fetscherin, Die Abschiede aus den Jahren 1844 àî848, 1, 10.