LIVRE VII. PART. I. CHAP
opposition. Il parut alors un nouvel envoyé, Pucci, évêque de Pistoie, revêtu de pleins pouvoirs; Une traite de quarante mille ducats sur la maison Weiser à Augsbourg donna subitement à ses discours une miraculeuse puissance. 11 ne s’agit bientôt plus que de savoir si la Régie française de Milan accorderait passage aux levées; et sitôt qu’on en eut l’assurance, au bruit de l’or qui tombait de la main de l’Évêque, on lui accorda six mille hommes, et on lui en olfrit davantage. lise renferma dans sa demande. La paix régnait en Italie et Léon n’avait aucune intention de la troubler. 11 ne voulait qu’effrayer le duc de Ferrare, prouver son crédit sur les esprits des Confédérés, et, dans l’incertitulde de l’avenir, se montrer imposant aux Puissances. La petite armée qui suffisait à remplir ce but, partit vers la fin de Mars 1 521 sous la conduite de Gaspard Gœldli et de Louis d’Erlach. Pucci dirigeait sa marche. Arrivée aux frontières de Lombardie , elle fut accueillie par des officiers Français qui veillèrent à la pourvoir de vivres. A Pavie on s’embarqua, on descendit le Pô, on prit terre non loin de Bologne. Dans cette ville l’armée reçut de nouveau sa solde à l’avance, puis elle fut cantonnée dans la Romagne et la Marche d’Ancône. Les Suisses furent logés chez les bourgeois, dormirent dans de fins draps, menèrent joyeuse vie, et ne virent point d’ennemi. Mais quand deux mois se furent écoulés, ils se lassèrent de ce repos sans gloire et demandèrent à regagner leurs foyers. Le Pape invita leurs chefs à se rendre à Rome. Léon, environné de trente cardinaux, leur permit de ba*ser ses pieds et même sa main. 11 les encouragea dans des sentimens de fidélité au Saint-Siège, les remercia de leurs services, et leur permit le retour. Il leur demanda
seulement de laisser ceux d'entr’eux qui resteraient volontairement. Gœldli et d’Erlach reçurent chacun cinq cents ducats ; on les arma chevaliers ; on les chamarra'd’or et de soie. Leurs capitaines reçurent aussi de riches présens. Le 11 mai ils quittèrent Rome, couverts de bénédictions apostoliques. Ils payèrent leur troupe’à Bologne ; pois ils rentrèrent dans leurs foyers où leurs éloges de la libéralité du Pape vinrent se perdre dans les jubilations causées par la récente conclusion d’une alliance avec François 1"
** ji. Z. Bttllinger. ColL Siml. Stelller, Aiahtlm. Guiceiardini. On lit dao] la Coll, de M. Hullinen le chant de Jean Bitker :
« Im Land «lod wir umbiofen,
Hind gitreift die armep Lüti Daaaelb i«t nit erlogen ,
Sust biad wir gscbatfet sud. •
> lVou5 avoD9 parcouru le pays,
Avons pillé les |>auvres gens;
Sens meuttr,
Nous n'avoDs ricu fait de mieux. •