LIVBE VII. PART. I. CHAP. I
cause d’un retard d’une année et fit-elle renvayer le jour de la prestation du serinent au 4 juin de l’an 1520. Une difficulté faillit l'ajourner encore. Un passage du pacte, par l’obscurité de sa rédaction, semblait accorder aux quatre anciens Cantons le droit de recevoir le serment des nouveaux confédérés, sans les obliger à s’engager à leur tour. Les États nouveaux avaient précédemment réclamé une interprétation plus équitable de ce passage, et à cette heure Fribourg et Soleure se montrèrent prêtes à refuser le serment, si justice n’était pas faite. Les anciens Cantons persévérant à vouloir maintenir le vieil usage , Soleure céda la première, et les députés Fribourgeois, obéissant à la nécessité, finirent par jurer aussi, en réservant leurs droits. Ce différend terminé, la prestation du serment se fit avec Iwnbeur. On vit dans chacun des chefs-lieux de la Suisse arriver les députés de tous les Cantons. Ils furent conduits en pompe et avec tous les honneurs , ici dans l’église de la ville, là sur la place où la landsgemeind avait coutume de s'assembler. Ils y étaient attendus par le conseil et par tout ce qui dans la population mâle avait atteint l’âge de seize ans. La musique, à leur venue , s’allia au son des cloches. Puis furent lus dans leur ordre chronologique tous les traités sur lesquels reposait la Confédération : l’acte d’alliance des trois premiers Cantons ; les traités qui admettaient à cette alliance Lucerne, Zurich, Claris, Zoug et Berne; puis, l’ordonnance relative à l’église et celle de Sempach; vinrent les traités qui ad mettaient Fribourg, Soleure, Bâle et Schaffhouse; l’acte d’union héréditaire avec la maison d’Autriche ; les alliances faites avec Appenzell, Saint-Gall, Mulhouse et Rottweil. C’étaient plus de paroles qu’il n’eùt fallu pour gens mieux faits
aux batailles qu a écouter de longues lectures ; aussi, quand à Zurich la cloche vint à sonner onze heures, qui était l’heure ordinaire du repas, rassemblée laissa comprendre quelle avait fait preuve d'une assez longue patience et qu’elle allait prêter serment aux traités lus et non lus. On se mit ensuite à table. La joie vint tout animer. Qui d’entre les convives eût pressenti que le serment ne devait plus être renouvelé de trois siècles^' !
Bientôt après cette fête les Confédérés firent une campagne en Italie. C’était aussi pour long-temps la dernière qu’ils dussent faire sous leurs bannières fraternellement unies. Ils partirent à la voix du Pape. Léon X, dans la joie de la bataille de Novarre, avait, à l’exemple de son prédécesseur, cherché à former une alliance avec les Suisses, et acheté en 1514, pour le prix de 2000 florins du Rhin, payables annuellement à chaque Canton, le droit de lever chez eux des troupes dans les cas de nécessité du Saint-Siège. Les Cantons avaient tous accédé à cette convention , mais Zurich y avait adhéré le dernier. On y vit des larmes couler des yeux de patriotes sincères, quand ils reconnurent que leurs efforts pour empêcher le traité avaient été vains. Deux ans plus tard certains articles, onéreux aux deux parties, avaient été modifiés, les pensions réduites d’un quart, et l’alliance unanimement confirmée. Dès-lors le nonce du Pape auprès de la Confédération, Ennius, évêque de Véroli, avait plus d’une fois, en s’appuyant du traité, cherché à obtenir l’autorisation de faire des enrôlemens ; mais la Diète , ne voyant ni l’église ni son patrimoine attaqués, y avait mis
StetlUr, A. Z„ 5. Journal de Siockat, dans la Coll. SimL