‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 11 sur 234 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Alliance avec la France. — Zurich n’y adhère pas.

François I" cachait avec peine son chagrin de n’avoir pu parvenir à la couronne impériale. Peu d années auparavant son rival ne jouissait encore que de la possession précaire des Pays-Bas et mendiait timidement^desjrelations de bon voisinage. Puis Charles était monté sur le trône d’Espagne, et dans le besoin qu’il avait pour s’y asseoir de n’être pas troublé par le roi de France, il lui avait prodigué les témoignages d’une soumission et d’une déférence presque filiales. Le moment où François ouvrit les yeux, et reconnut l’adresse et les^ ressources de son heureux compétiteur, fut celui où déjà il fallait songera se défendre contre les prétentions d’une ambition démesurée. Alors s’alluma en son cœur l’ardeur du combat. Soins de la prudence, amour-propre offensé , sentiment éveillé de sa propre énergie, souvenir des trophées de Marignan, besoin d’humilier l’empereur dans son triomphe, soif des batailles enfin qu’il lisait dans les regards de sa belliqueuse noblesse, tout s’unit pour le porter à la guerre. Mais pour l’entreprendre, il fallait avoir enlevé à son ennemi l’appui des Sqisses. Le roi de France s'appliqua donc à concliire avec eux ain traité ’.

Déjà il pouvait compter sur les dispositions favora-

* histoire de François L*^

blés de plus d’un canton. Berne et Lucerne lui étaient surtout dévouées. La présence de ses envoyés, leurs représentations et leurs largesses y avaient gagné à la France les hommes les plus influens^. Lucerne,. depuis peu en possession du droit de convoquer les Diètes, en usait dans les intérêts français. A Berne le Bâtard de Savoie, oncle de la reine de France, exerçait, comme bourgeois , une influence considérable ; mais le roi y avait dans Albert de Stein un ami plus zélé et plus puissant encore.

Stein était le rejeton d’une noblq famille de Berne. Doué d’une hardiesse et d’une présence d’esprit singulière, il avait acquis une grande considération , au dedans comme magistrat, au dehors par d’honorables ambassades ; mais dès lés jours de la bataille de Marignan, on l’accusait d’avoir vendu à l’étranger son crédit et son influence. C’est lui qui , peu avant celte bataille, avait pris avec quelques milliers de soldats le chemin du retour. Nous ne saurions dire, à la distance où nous sommes de cet événement, s’il en agit ainsi piqué d’avoir vu ses conseils n’être pas suivis , à la suite de mauvais traitemens qu’il aurait eu à endurer de la part de l’armée, par haine du cardinal de Sion , ou gagné par l’or de la France ; un seul fait est certain , c’est que son rôle fut dès ce moment celui d’un homme vendu à l’étranger. L’occasion de le faire voir ne tarda pas. Averti que l’empereur Maximilien s’avançait en Italie, et que les Suisses qui marchaient sous ses drapeaux étaient impatiens de venger la défaite de Marignan, il courut à la tête de treize mille hommes prendre place dans les rangs français.

’ Rotmini, historia di Trivuliio. Slettler. ,

Page 1