‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 102 sur 234 · LIVRE VU. PART. U. ClIAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. U. ClIAP. IV

olas de Watteville fils de l’avoyer de ce nom , digne ^ >ar la noblesse de se*s sentiinens des dignités ecclésiasiques qui lui avaient été conférées dès son jeune âge. L’appui du gouvernement donnait presque à Walte- .’ille l’autorité d’un évêque. Soutenue par de tels dé- ^ l'enseurs, la doctrine nouvelle eut peu à redouter de la résistance d'un clergé ignorant et soumis, aussi longtemps qu’elle se présenta sous la forme de princij>es généraux et qu’elle ne toucha pas aux intérêts des personnes. Elle ne parut pas non plus inquiéter le gouvernement, qui, dévoué à la France, vit avec indifférence attaquer le Saint-Siège, que cette puissance avait pour ennemi. Ajoutons que l'indignation contre les mœurs déréglées des gens d’église était universelle et qu’on souriait de les voir humiliés par les hardis prêcheurs de pénitence. Quant aux membres du Grand-Conseil, ignorans pour la plupart en matière théologique, ils ne connaissaient point l’origine du mouvement et sa |)ortée; quelques-uns étaient attachés à la Réforme, et lui frayaient le chemin. Dans ces circonstances le Conseil donna gain de cause aux réformateurs contre l’évêque de Lausanne, un jour qu’il les somma de comparaître devant lui; l’évêque fut invité, s’il avait des plaintes à faire, à les adresser au chapitre de Berne Le curé de Honstctten fut protégé contre les attaques du doyen de Munziguen, qui l’avait accusé d’hérésie**. On alla

Cbanoiueà dix-sepl ans, protonolaire apostolique, prieur de Montl’reveyres, abbé de Monteron, prévôt de Lausanne et, en 1521, de Berne, Scheurer, I, 386, etc. Sicitler, Ualler à ZwiugU , 8 avril 1523. (Coll. Siml. ).

** Anshelm. Win, TV, 422. C'était lorsque Haller commença à expliquer les Évangiles.

Coll, ÿiml,, I, deuxième partie, 401-490.

jusqu’à écrire à la Diète, pour lui annoncer la résolution où l’on était de laisser prêchef librement l’Evangile et de ne prendre part à aucune démarche qui tendit à restreindre la bberté d’enseignement*®.

11 en fut ainsi jusqu’au moment où la Réforme commença à déployer ses conséquences. Mais l’heure vint où les assauts livrés à l’Église se dirigèrent contre les abus de l’État. La bourgeoisie manifesta un esprit inquiet , prompt à juger les personnes et les choses. Les patriciens se virent menacés de perdre des places lucratives et des établissemcns avantageux. Ce fut le moment que choisit l’adroit vicaire de l’évêque de Constance, pour faire comprendre à la noblesse que, « l’Église renversée , viendrait le tour des gentilshommes **. » Alors se grossirent les rangs des adversaires delà Réformation. On eût pu croire, il est vrai, que les deux })artis marchaient dans une commune voie , à l’ouïe d’un décret qui ordonnait la prédication exclusive de la parole de Dieu ; mais le décret n’avait été rendu que parce que le Conseil , dans son ignorance de ce que renfermait la Bible , avait voulu l’opposer au Luthéranisme Peu après, les portes du couvent de Kœnigsfeldcn s’ouvrirent et il fut permis aux filles d’illustre naissance qui y étaient renfermées de se rendre aux vœux de leurs nobles amans; on fut contraint à cela parce qu’elles menacèrent d’user de la liberté évangélique, et de rompre leurs vœux malgré le souverain Mais cette concession fut la dernière. On ne

“ Du 5 janvier 1523. An$helm.

” Kirchhofer, cont, de n'irz, V, 278.

“ Bullingcr, dans Stheurer, 1. 131.

Arcli. ôeni.,S0 nov. 1523. «De deux maux il nous a fallu choisir le moindre. » Sitôt le couvent ouvert , la IrÉsoricie, Catherine de

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