‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 103 sur 234 · LIVRE VII. PART. II. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. II. CHAP. IV

tarda pas à publier une ordonnance qui déclara déchu de son bénéfice tout ecclésiastique qui se marierait Anshelm, malgré vingt ans de services , rendus, dut quitter Berne , où son attachement à la Réforme l’exposait à de continuelles injures Meyer fut banni , et Haller ne dut qu’à sa réserve et à sa douceur de pouvoir conserver sa place , en attendant des jours meilleurs.

 Lucerne , l'opinion publique était encore plus dé- • favorable à la doctrine évangélique. Tout y résistait à la Réforme avec une égale opiniâtreté : les grands , qui plus que nulle part étaient liés par les pensions de l’étranger ; le peuple , de mœurs simples , mais qui n’aimait que la guerre ; enfin le clergé qui se composait d’hommes dont les uns étaient sans instruction et les autres avaient acquis en Italie ou en France des connaissances superficielles, et haïssaient la science de l’Allemagne. 11 y avait bien quelques amis d’un meilleur ordre de choses. Ils s’attendaient à voir lever les germes semés par Myconius, qui depuis l’an 1520 enseignait dans sa ville natale comme premier maître d’école. Myconius lui-même eut un moment d’espoir, le jour où une voix éloquente et ferme rédui-

Bonstetten, épousa Guillaume de Diesbacb , et peu après Agnès de Mulinen le gardien des capucins, Henri Sinner. Leur exemple fut suivi par l’abbesse et par deux demoiselles de \VMevi\\e,Steltler,Jn}hetm. Kirclihofer, V, 296.

“ Le 80 avril 1523. I-’iurii, 11, 271.

*' Sa femme avait appelé la mère du Chrisl « une femme pareille è celle même qui devait è Jésus le salut et ne pouvait le donner. . On l’appela par ironie iVofre saur-ta-dame. Elle dut aller chercher à Lausanne son absolution, qu’on lui lit payer 20 livres pesant d’argent. Anshelm lui-même fut privé de la moitié de sa paie. Scheai er, 1. 190.

sit au silence ses bruyans adversaires; c’ëtail la voix de Conrad Schmied , commandeiu* de l’ordre de Saint- Jean à Kussnacht; on l’avait appelé, conformément à l’usage d'inviter un illustre étranger à prêcher à Lucerne le jour de l’annonciation de Notre-Dame, et il était venu foudroyer les ennemis de la lumière, non en un latin barbare, mais en bel et bon allemand du pays ; néanmoins il étonna plus qu’il ne convainquit ; l’orage se releva plus violent ; dès lors il n'y eut plus de repos pour les hommes qui soupiraient après la liberté de l'enseignement et la foi. Il ne fut plus possible d’élever la voix pour défendre l’étude des langues anciennes , ou celle des Saintes-Écritures , sans que le peuple criât à la nouveauté, à l’hérésie, au luthéranisme. Bien que Myconius s’attachât â ne pas même prononcer le nom de Luther, il fut cité devant le conseil et censuré vertement. Ce fut bien pis encore quand le bruit se répandit que des prêtres , et deux chanoines entre autres, s'étaient secrètement mariés qu’une religieuse du monastère d’Eschenbach avait épousé un ecclésiastique, et que la femme de Rennward Gceldli, la conscience troublée parce qu’elle avait fait à un couvent le don d’une image , avait fait enlever cette image et l'avait livrée au feu. Dorothée Gœldli fut punie d’une amende de quarante florins, et tout emploi fut ôté a Myconius , ainsi qu’à tout homme qui, comme lui, se montra peu satisfait de l’Église, telle que le temps l’avait faite. Le malheureux sort de ces hommes

Kilchmcyer et Zimmermann. Ils avalent signé la requête contre le célibat adressée par Zwingli i l’évê(iue de Constance. Voy. leurs Lettres, Coll, Siml,

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