LIVBE VU. PART. II. CHAP. IV
sages et bien pensans excita au-dehors la commisération , et donna lieu à un écrit anonyme qui fit à Lucerne une sensation très-vive. « Pieux Confédérés de Lucerne, y était-il dit, je pleure sur vous qui persécutez les prédicateurs de l’Évangile de Christ. Vous, que j’ai entendu célébrer si souvent comme la lumière de la Confédération, vous avez laissé votre flambeau se changer en un lumignon pâle et tremblant. Vous vous êtes vous-mêmes privés d'un maître d’école que la Suisse honore comme la gloire de l’enseignement; comment pourrait-on ne pas vous plaindre ! » A la lecture de cet écrit , le gouvernement lucernois fut saisi d’une violente colère, et ne négligea rien pour en connaître l’auteur. N’ayant pu y réussir, il poursuivit devant le gouvernement de Bâle,* Adam Pétri, l’imprimeur de l’ouvrage ; il le fit condamner à une amende de deux cents florins, et à publier une palinodie dont quatre cents exemplaires furent envoyés à Lucerne. Le peuple voulait la mort de Pétri ; il eut bien de la peine à se contenter de la satisfaction obtenue A Bâle*® d^ élémens divers et des intérêts contraires entretenaient une agitation difficile à décrire. La noblesse, cherchant à conserver des privilèges qui loi échappaient, donnait sa protection à tout l’ordre de
Le litre est : • Treuw Ermatinung an die Strengen, Edlen, Fesien, Frommen and Weyten Eidgenotsen, dan »y nit, dwrch ire faltchen proplieten verfuhrt, iich wider die leere Chrisii setzen. » On le trouve dans la CoU, Siml.
Anehelm, Kirchliofer. Myconius' d Zaingli, 28 juillet 1523, etc. (CoU. Siml.), Ballinger. Lettre de Schmicd, (Colt. Siml.). Ilottinger U.E., IX, 26-36. Schazmann à Vadian(ColL Siml.). Lettre de Zimmermann et Kilchmeyer. Saint.
Ocht, V. Kirchliofer. Fie d’Œcolampade , par Hess. Biographie de Pellican. Ilottinger II. E., IV. Glarian d Zwingli.
choses existant. bourgeoisie, lieureuse de son alliance avec les cantons, s’attachait à étendre à l’intérieur les racines de la liberté, et elle se montrait disposée à accueillir toute nouveauté favorable à ses desseins. Le chapitre avait à sa tète des hommes à vues généreuses; mais il n’en était pas moins entraîné , ]>ar le soin de défendre ses honneurs et ses richesses , à résister à la doctrine de la simplicité évangélique. L’université avait été dépouillée du droit qu’elle possédait naguère de juger en dernier ressort en matière de science , et elle avait vu une opposition se former dans son sein L’impétueuse activité de la presse déployait une puissance bien supérieure à celle de l’enseignement universitaire. Les artifices et les crimes secrets des moines étaient mis au jour par de hardis prédicateurs, dont quelques-uns sortaient du milieu d’eux. Le peuple, travaillé de toutes parts, se montrait en général clairvoyant et ami de la réforme. Tels étaient les élémens dont se composait un tableau qui demanderait à être achevé par une main habile. Deux pasleure avaient accoutumé les Bàlois à entendre une prédication libre et franche ; c’étaient Hédion et Capiton , qui les avaient quittés pour aller poursuivre leur tâche, l’un à Mayence et l’autre à Strasbourg. Après eux, Roubli, jeune, violent, inconsidéré, vint déployer à Bâle son zèle contre la tyrannie de l’Église et contre ses cérémonies ; l’évêque , voyant qu’on applaudissait à ses déclamations, obtint du conseil son éloignement. Rou-
Gapilon, VVittembach j puis, OEcolaoipade, Pcllican, Glaréan.
” Capiton (Kœpflin), de Ilagnenau en Alsace, prêcha & Bâle de 1512 à 1520. llédion y prêcha aussi jusqu’en l'an 1520. Il était de Kitlinguen, au pays de Uaden. H'irz, IV, 96.