LIVRE Vil. PART. II. CHAP. IV
bli fut remplacé par Wissembourg, qui, plus grave, plus. instruit, et environné, comme fils d’un estimable magistrat, d’une plus grande considération , fit faire de nouveaux pas à la cause de la Réforme. Sur ces entrefaites arriva à Bàle Jean üEcolampade Il avait été prédicateur dans cette ville en 1515, puis appelé à exercer son ministère dans la cathédrale d’Augsbourg; il s’était ensuite fait moine à Altcnmünster, et avait fini par se retirer au château d’Ebernberg , asile ouvert par Sickingucn aux fugitifs pour la cause d’une noblejliberté. Mûri par l’expérience, OEcolampade avait acquis cette sage modération qui lui gagna les cœurs des Bàlois et le rendit propre à servir de guide et de second à Zwingli. Prudent, même à l’excès, au dire de maint zélateur, habitué à n’avancer rien dont il ne pût donner la pleine démonstration, il n’eût pu être mieux placé que dans une cité où les amis de l’Évangile marchaient entourés de pièges. Geyerfalk le soutenait chez les Augustins et Lutbard dans la maison des Franciscains, que Pellican gouvernait alors en homme d’un noble et savant génie. En voilà assez pour que nous ne soyons pas surpris de ce qu’à Bâle on s’autorisa de bonne heure de la liberté que laissait l’Évangile pour renoncer aux vœux perpétuels et aux jeûnes commandés*®. On le fit à peu prés dans le mê-
•* Jean Hanssehein, né à Weinsberg, H8Î. Haller, BiU. dhüu' mute, n, n* 119&-1201. i
” Jean SOndly, de Lncerae, dit Lnthard.
*'* Le SA juin 1523 se maria le chanoine Bronnn. Glaiéaa écrit A Zwin^i , que te dimanche des Rameaux 1523, qudques prêtres s’étaient réunis pour manger un cochon de lait II observe qu’ils eussent pu donner de meilleures preuves de leur lèle pieux. fVirt, IV, A91.
me temps qu’à Zurich. Ce fui un fruit de l’esprit d indépendance et de la haine qu’avait inspirée une injuste contrainte en matière de foi.
A Schaffhouse*', ainsi qu’à Bàle, l’accession à l’alliance des Suisses avait exalté les sentimens de liberté, et accru l’influence de la bourgeoisie aux dépens de celle d’une noblesse oisive, prodigue, appauvrie*^. La soif de s’affranchir gagna jusqu’aux gens de la campagne. L’on vit les habitans de Hallau profiter des circonstances pour se soustraire à un patronage étranger qui les exposait à être traînés devant des tribunaux ennemis des Suisses. Trop souvent aussi le besoin d’indépendance se manifesta par le mépris de l’ordre religieux et civil. On ne demandait à la religion que de flatter les sens et de tranquilliser les consciences stir les suites d’une vie dissolue. C’était le sujet des chagrins amers du prieur Eggenstorf, abbé du couvent de Tous-les-Saints ; il s’affligeait de voir la religion employée à mal. Il avait appris d’un moine Bénédictin à connaître les écrits de Luther et son cœur voulait ardemment le bien. A ses efforts se joignirent ceux du clairvoyant Adelphi, de Mathieu Peyer, qui avait étudié à Wittemberg, et de Louis OEchsli, qui y avait
** Kirclihofer, Ann. schaffh. — Fie de VF agner, par Kircliliofer.
** «Jouer gros jeu, danser, boire Jusqu’à tomber sur leur nex, ce sont tons leurs passe-temps. > Journal de Slockar. (Lui-même fut quérir la grâce céleste à Jacques de Compostelle , à Lorette et jusqu'à Jérusalem ; il avoue qu’il n’en revint pas meilleur. )
11 disait : • 11 faut s’appuyer sur Dieu et non sur des actes pies ; > • pour un chrétien tons les jours sont Noël. Carême et Pâques ; • • l’ordination ne donne sainteté ni bonheur ; • « malheur à qui vient au couvent embrasser antre chose que les souffrances de Christ. > H recueillait des livres et faisait faire à ses moines des voyages pour la sdence.