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LIVRE VU. PART. II. CHAP. IV

VU briller les livres .canoniques Le Conseil , s’enhardissant, osa réprimer par un décret les désordres du clergé , et il retrancha sur chaque année vingtquatre jours de fête du nombre de ceux que l’usage réservait à la dissipation et à l’oisiveté. Vers la fin de l’an 1522 on vit encore se fixer à Schaffhouse un homme qui conti'ibua singulièrement dans cette ville au succès de la Réforme. Ce fut Sébastien W^agner. Il avait acquis à Paris, sous Lascaris, la connaissance des langues , était ensuite entré comme maître de lecture dans le couvent des Franciscains à Zurich, et, persuadé par Zwingli de la nécessité d’une large réforme, il venait la prêcher dans sa ville natale. On courut l’entendre au couvent des Capucins, à celui d’Agnès et à la cathédrale, où il attaqua dans ses prédications les dogmes de l’Église romaine et particulièrement la messe. Ne voyant pas le moyen de lui résister, les amis de l’ancien ordre de choses firent venir de Bavière un illustre orateur polémique du nom d’Érasme Ritter. Il s’établit alors une lutte dont les chances serviront à nous expliquer la conduite irrésolue que tint le Conseil de Schaffhouse. Un jour nous le verrons souffrir que la bourgeoisie promène tumultueusement, en triomphe, l’âne du dimanche des Rameaux, et le lendemain il laissera mépriser les ordonnances émanées du Saint-Siège romain.

Ce qui se passait à Saint-Gall s’explique par la nature des rapports subsistans entre le couvent et la ville.

** Muller, Reliques, lit, 184. HoUinger H. E,, VI, 18. Agricola h Vadian, février 1521. [Coll. Siml.).

Hartmann, HUt. de S.-Gall. — Kessler, Sabbatha, — ÏXAra, Hist. de St.-Gall. — Fels, Mém. suisses. — Sur Vadian, V. Haller, BibU hist. suisse, n, 1692-1696. — Fridolin Sicher.

L’ahbë François Geisberg avait,, bien jeune encore, embrassé la vocation monacale malgré ses parens, et en avançant en âge il montrait une soumission de plus en plus scrupuleuse aux pratiques de la vie dévote. Il était sévère pour lui-même et pour ses subordonnés. La simplicité de ses mœurs lui avait fait encourir le reproche d’avarice, et pourtant il savait ne rien négliger quand il s’agissait d’ajouter à la pompe du culte. Jamais plus de magnificence, jamais plus de solennités, de processions ni de cérémonies. Trompé par l’étroit horizon des murs de son couvent, Geisberg s’inquiétait de l’industrieuse activité de la ville de St-Gall, de ses sentimens d’indépendance, et des étroites relations qu’elle avait avec Zurich. Vadian lui était suspect, bien qu’il lui fût uni par des liens de parenté , et que l’homme de lettres vînt de témoigner son respect au prince ecclésiastique par l’hommage d’un savant écrit*®. De retour dans sa patrie après avoir quitté Vienne, Vadian y rapportait la manière libérale de penser et d’agir d’un homme du monde et d’un littérateur exempt de préjugés. Il répandait les écrits luthériens , ne cachait point son amitié pour Zwingli, et se sentait encouragé à devenir le réformateur de sa ville natale par la faveur dont il jouissait auprès de ses concitoyens. Ils s’étaient empressés de le revêtir des emplois de médecin de la ville et de membre du Conseil. Dans ses heures de loisir , il se plaisait à ouvrir à un cercle d’amis le trésor de ses connaissances. C’est dans ces entretiens qu’appliquant à l’interprétation des Écritures son savoir en histoire et en sciences naturelles, il sut

Son commentaire sur Pomponius Mêla. 11 rétracta .sa dédicace dans la seconde édition, BMe, 15>2.

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