‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 109 sur 234 · UTRB VU. PART. U. CH AP. IV · texte numérisé non relu

UTRB VU. PART. U. CH AP. IV

doctriae évangélique pénétra chez eux , elle ne tarda pas à y être étouffée sous les efforts du clergé^ défenseur unanime des traditions de l’Église romaine.

Tant de divisions avaient eu pour première cause la corruption de l’Église ; mais les adversaire de Zwingli se plaisaient à n’en accuser que lui. Ils avaient été troublés dans leurs aises , dans leurs habitudes de piété, dans leurs préjugés ou dans leurs intérêts, et c’était à qui d’entre eux porterait la plus mortelle haine au novateur ambitieux , funeste provocateur de tant d’orages. Les injures pleuraient sur lui de toutes parts  Lucerne, le peuple le brûla en effigie, en présence des députés zuricois On fut réduit en Suisse, chez un peuple de loyale renommée, à prendre des mesures pour que les jours de Zwingli fussent à l’abri des coups d’un assassin A Zurich même Zwingli était vivement pressé. Les bouchers surtout s’y montraient animés envers lui d’une inimitié menaçante'^’. Des intrigans, après avoir excité le peuple, demandaient obstinément qu’on le fit voter pour ou contre la Réforme ; ou bien, ils voulaient qu’on se soumit au jugement dés Confédérés. Le Conseil était accusé de s’être laissé séduire et de mettre la Confédération en périF^. Ce dernier reproche était adressé aux députés zuricois à chaque réunion de la Diète. « Chers Confédérés , » dit un jour le sire de Mulinen en pleine

*• Salat,

Fridolin Sicher. Xylotect à Zw., mars 1523. mrt, IV, 384.

’* Kirehhofer, V, 175. A Berne les bonchers furent aussi ennemis de la Réforme, alléguant que leur commerce les conduisant dans les divers Cantons, ils avaient 4 y entendre de trop durs propos.

Fiutli, II, 31, 26, 51.

assemblée , a veillez , pendant qu’il en est temps , à ce que Luther ne prenne pas le dessus. A Zurich , les prêcheurs en sont venus au point que le gouvernement, voulùt-il arrêter le mal , ne le pourrait plus. On n’y est déjà plus en sûreté chez soi ; les paysans refusent le paiement des dîmes et des cens, et tout est divisé, à la ville comme à la campagne. » Une autre fois le landammann Troguer d’Uri apostropha vivement le député zuricois qui venait de déposer une lettre de son gouvernement : (( Nous n’avons que faire de vos lettres, lui dit - il , c’est l’hérétique que nous voulons ; envoyez-nous Zwingli. » En de si graves circonstances, les magistrats de Zurich délibérèrent s’ils devaient garder plus longtemps le silence et attendre de nouveaux affronts. Déjà Dieu leur avait donné de ne pas écouter la voix d’une complaisance timide. Maintenant il les appelait à une épreuve nouvelle. Nous avons à raconter de quelle manière il leur permit d’en sortir.

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