‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 110 sur 234 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Cunposition et marche du gouvernement ziiricois. — Ambassade de l’évéque de Constance. — Ordonnance d'un colloque. — La dispute : 1523, 29 janvier; Faber, Nicolas Hottinger; 1523, 20 septembre. — ■ Seconde dispute : 1523, 27 et 28 octobre. — Conséquences. — Les Confédérés. — Le peuple zuricois.

Deux vieillards, nés la même année', et que nous verrons mourir presque le même jour, étaient à la tête de la république de Zurich, quand Zwingli déploya au milieu d’elle l’étendard de la Réformation. Ces deux magistrats jouissaient de la considération des Confédé-, rés et de celle des princes. Ils avaient été l’un et l’autre du nombre des héros des guerres de Bourgogne, de Souabe et d’Italie^. Lorsque Maximilien Sforze fut replacé dans l’héritage de ses pères par les bras des Suisses, il reçut les clefs de sa capitale des mains de Félix Schmied; et Jean Rœust commandait les bataillons suisses à Marignan, dans cette bataille où la défaite fut plus glorieuse que bien des victoires; il en était revenu, ramenant ses drapeaux , couvert d’honorables cicatrices, et honoré de l’estime de ses fiers ennemis.

Ces deux braves présidaient un sénat qui avait rarement compté autant d'hommes distingués dans son sein.

> Nés en 1454.

^ Leu. — Sal. II irai, DutfuUitiu de magUtratus in reformationie opere prattilo o/pcio.

On y remarquait Thoumeisen , aussi ardent à défendre la paix dans une diète orageuse qu’il l’était à prodiguer son sang en un jour de combat; Berguer, que nous avons vu en Italie demeurer fidèle à son serment; Effinguer, qui, au grand étonnement du Cardinal de Sion, refusa de recevoir plus que la paie qui lui était due; Edlibach , l’historien de Waldmann ; Schweizer, qui mourut à Cappel pour sauver sa bannière ; üiethelm Rœust, qui succéda au bourgmestre son père, fut l’ami de Zwingli et son premier appui ; d’autres hommes encore, dont l’histoire aimerait à pouvoir dire les titres à l'estime et à la gloire. Des lois sévères, particulièrement dirigées contre la corruption , et la peine de mort prononcée contre le magistrat qui les enfrcindràit, témoignent des sentimens républicains de ces magistrats, en même temps qu’elles sont la preuve des dangers auxquels ils eussent exposé leur gouvernement s’ils eussent laissé s’endormir leur vigilance®.

Dés les temps d’Arnaud de Bresse , il régnait à Zurich moins de contrainte que nulle part ailleurs en matière spirituelle. Ce n’était pas qu’on u’y punit de mort le blasphème et l’outrage fait aux objets du culte Mais la cour de Rome y était peu redoutée, taudis qu’elle-même se montrait pleine d’égards pour la cité qui seule ne s’était pas alliée à la France ; qui, se croyant liée par les traités, avait envoyé des troupes à la défense du territoire de l’Êglise, et qui avait offert un refuge aux légats, lorsqu’ils étaient poursuivis dans tous les autres Cantons. Zwingli lui-même fut long-

* BuUinger.

* Protocoles du 21 juin, 3 juillet, 1*' août. = Waldmann avait accoutumé les Zuricois à fronder l’Église. La noblesse était moins puissante à Zurich qu’aillcurs. ( Trad. )

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