LIVRE Vil. PART. II. CHAP. V
Schaffhouse par Wagner, Stcinlin et Irmensée. L’évéque de Constance, invoquant sa responsabilité envers le pape et l’empereur, conjura les Zuricois d’attendre d’un concile universel la décision de propositions aussi graves Le vieillard qui, malgré le poids des ans , occupait encore le siège de Bàle, fit une réponse semblable ; sa lettre respirait la douceur L’abbé de St.-Gall s’excusa sur la brièveté du délai, qui ne lui permettait pas de se préparer. Berne et Soleure , à son exemple alléguèrent que c’était devant la Confédération réunie que la dispute devrait avoir lieu. Lucerne ne jugeait point que des hérésies pussent être corrigées par de mesquines assemblées, contraires à tous les droits qui régissent le temporel et le spirituel. Obwalden, après avoir reconnu qu’il n’avait pas de savans à faire partir, conclut en désignant Zwingli : « Ce n’est ni à lui, ni à ses pareils, que nous enverrons personne; et si jamais il tombe entre nos mains, et que ce qu’on dit de lui soit vrai, nous le châtierons de façon à lui ôter le moyen de retomber en faute. » D’autres Cantons, au nombre desquels se trouvait Bâle , ne firent point de réponse Le colloque s’ouvrit le lundi , veille de la Saint- Jude*^*. On commença par introduire Zwingli et Léon Jude pour leur faire savoir qu’ils parleraient les premiers. Entrèrent ensuite les prélats, abbés et docteurs, puis le clergé en corps, et après lui tout ce qui put pénétrer dans la salle , si bien que l’on compta neuf cents.
” FuuU, IV, 148.
« CoU. Siml. ^ ,
»• A Berne, 18 ocU 1525.
U Ocha, V, 437.
26 oct. 1525. Ballinger. Actes da Colloque, rédigés avec soii^ el dédiés au Conseil par Louis Hætzer, aidé de G. Binder.
personnes. Dès que Ton eut obtenu le silence, Rœust, le bourgmestre, pria les docteurs Vadian, Wagner et Scbappeler de présider la réunion , et d’empêcber qu’on ne s’écartât du fondement posé, celui des Saintes-Écritures. Le secrétaire lut ensuite là lettre de convocation de l’assemblée ; enfin, le bourgmestre ouvrit la discussion : « Chacun sait maintenant, dit-il, de quoi il s’agit. Fuisse tout se faire au nom de Dieu! Maître Ulrich , c’est à vous à commencer. »
Zwingli se leva et dit : « Mes chers frères en Christ, vous savez par la parole qui ne peut mentir , que là où deux ou trois personnes sont assemblées au nom de Dieu, il se trouve au milieu d’elles. Eh bien, dans tous nos temples un peuple chrétien a, la semaine dernière , demandé la bénédiction de Dieu pour cette réunion, et puisqu’ici la place nous manque aujourd’hui peur nous mettre à genoux, nous recommanderons du cœur nos intérêts au Tout-Puissant! — Maintenant, je crois nécessaire d’entrer dès l’abord dans quelques explications sur ce qu’est l’Église chrétienne, afin de détruire le reproche d’incompétence fait à ces assemblées. » Et il déroula les notions qu’il avait sur l’Église visible, composée, s’il l’entendait bien du peuple chrétien tout entier.
L’adversaire qui se présenta pour combattre Zwingli fut Conrad Hofmann, chanoine de la cathédrale. Il parla longuement. Il exhorta avec feu l’assemblée à ne pas prendre , par une funeste illusion , l’enfer pour le ciel. Il la fit souvenir que les doctrines nouvelles étaient interdites, puisque Léon et Charles, le pape et l’empereur, les avaient condamnées. Il raconta que durant un séjour de dix, voire même de treize ans à Heidelberg, il s’était toujours trouvé parmi ce qu’il y
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