‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 119 sur 234 · LIVRE VU. PART. H. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. H. CHAP. V

avait de plus savant, qu^il avait habité chez un homme aussi instruit que pieux, avait mangé et bu avec lui, et n'avait jamais entendu dire que l’on dût disputer sur choses semblables. Hofmann finit par déclarer conséquemment que , pour lui , il ne voulait pas disputer, mais obéir à l’évêque d’abord, puis au prévôt, et ce, jusqu’au jour où se réuniraient les hommes qualifiés pour prononcer en matière spirituelle. Ainsi il demeurait fidèle à son serment envers le chapitre, serment trop oublié par le prédicateur de la cathédrale.

Zwingli ne donna pas au rire le temps d’éclater : « Maître Conrad affirme que la nouvelle doctrine est perverse ; c’est ce qu’il fallait prouver. Il veut qu’on ne se permette rien , dans l’attente où il est d’un concile; pour moi, je vous déclare que le dernier né de vos enfans ne vivra pas assez pour assister à ce concile où doit régner la parole de Dieu. Car ceux qui composent les conciles sont les papes et les évêques, gens qui ne pensent pas avoir besoin de sagesse. Ils ne prennent conseil que d’eux-mêmes. Là n’est point l’Église. Ils s’uniront peut-être à l’empereur pour nous condamner. N’importe. Néron et Domitien ont exterminé les chrétiens, mais ils n’ont pu leur faire renier la foi. »

Hofmann n’en renouvela pas moins ses protestations d’obéissance à ses supérieurs ecclésiastiques. Puis, tout en battant la campagne , il se mit à discourir à son aise sur ce qui se faisait au bon vieux temps. Un des présidons lui demanda , et le prévôt du chapitre lui commanda le silence. — Voulant alors ramener à la question, Léon Jude exposa les passages des deux Testamens qui condamnent le plus directement l’emploi des images dans le culte. « C’est bien, répondit Conrad

Schmîed**, commandeur de l’ordre de St. -Jean à Kussnacht, tout homme doit se soumettre au Saint Évangile avec joie. Cet Évangile nous montre en Jésus le seul médiateur, et c’est être idolâtre que de demander aux Saints ce que Jésus seul peut donner. Mais l’idolâtrie vient du cœur, et, selon moi, c’est dans les cœurs qu’il faut attaquer les idoles avant de songer à les renverser au dehors. Ces appuis des faibles, il ne vous est pas permis de les abattre que vous n’ayez donné à la faiblesse un appui meilleur. Craignez d’ailleurs de donner du scandale ; on n’en a déjà donné que trop en enfreignant les jeûnes et en provoquant les propos injurieux de nos Confédérés. Les Confédérés ne sont pas Dieu, me dit-on; mais ils sont un peuple chrétien, partant dignes d’égards. Je souhaite donc que nous nous appliquions à sanctifier nos cœurs avant de vouloir tout nettoyer au dehors, et que, comme Paul à Athènes, nous élevions en nous au Dieu invisible un temple, en présence duquel les idoles tomberont d’ellesmêmes. « — « Monsieur le commandeur, dit Sébastien Wagner l’interrompant , il ne vous est pas permis de demeurer, comme vous le faites, dans les généralités. Combattez par l’Écriture les déclarations claires de l’Écriture. » Zwingli poursuivit : « Quand mon seigneur et frère le commandeur recommande comme chose qui doit aller avant tout, d'instruire toute personne dans les Écritures , ce qu’il dit ne saurait que me plaire , et Léon et moi nous avons cherché à n’être pas trouvés négligens à remplir cette tâche. Mais

Une notice sur cet homme inti-ressanl a fté publiée dans le» Étrennes ï la jeunesse. Zurich, 18î5.

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