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LIVRE VII. PART, II. CHAP. V

quand il nomme les images les appuis des faibles, Dieu veuille le lui pardonner ! Jamais , si les évêques et les prêtres eussent été fidèles à prêcher la parole de Dieu , le pauvre laïque n’en fut venu à chercher son Christ sur la muraille ou dans quelque méchant tableau. La citation de Paul à Athènes n’est pas juste; car Athènes était païenne ; et moi non plus je n’irai pas chez les Turcs renverser leurs idoles®*. Reste à savoir si nous attendrons pour voir ces idoles abolies qu’elles puissent l’être sans scandale; mais nous n’y arriverions jamais. Jamais non plus nous ne parviendrons à ce degré de vertu , que le mal cesse de lui-même. Obéissons donc aux déclarations positives des Écritures et renonçons aux images, ne fùt-ce qu’à celles d’or et d’argent, dont la valeur peut devenir le soulagement des pauvres ! »

Il y eut encore quelques explications échangées. Puis personne ne se présentant pour combattre Zwingli, Vadian appela à haute voix, et par leur nom, les hommes qu’il savait avoir calomnié le réformateur et sa doctrine. Quelques-uns étaient absens ; d’autres s’excusèrent , prirent le rôle d’offensés , ou se tirèrent d’affaire par des plaisanteries. Le pasteur de Glatlfelden déclara que sans le grec et le latin tout n’en irait que mieux, et que pour lui il ignorait complètement ces langues. Sur ces entrefaites le soir arriva. Wagner remercia Dieu de la victoire qu’il avait donnée à sa parole; il exhorta le gouvernement à abolir les images, et intercéda auprès de lui en faveur des prisonniers. — « Mes seigneurs feront justice, » répondit le bourgmestre ; et il congédia l’assemblée.

** On connaissait peu les Turcs en Suisse; pardonnons à Zsringli de les ranger parmi les adoraleurs des images.

Le lendemain , mardi , on traita l’important sujet de la messe. Cette fois encore , le commandeur Schmied se fit le défenseur d’une réforme prudente, douce, graduelle. « Christ s’est donné pour nous, dit-il. La messe est utile et bonne en tant qu’elle nous en fait souvenir. Je voudrais donc qu’avant de la célébrer , on dit comment Jésus en a fait le témoignage assuré de notre justification. On verrait bien alors qu’il ne s’agit pas d’un nouveau sacrifice , car qui sacrifie donne , et bien loin d’apporter quelque chose , nous venons recevoir le don , la miséricorde et la vie éternelle. La messe ainsi reçue est une grâce singulière. Aussi suis-je peiné de l’entendre appeler une œuvre du diable, comme je le suis quand j’entends dire que le diable a imaginé les moines et les ordres. N’y a-t-il donc pas de chrétiens sous le froc? Au reste , gens de campagne, nous sommes exposés à entendre maints grossiers propos qui sans doute ne viennent point dans la ville blesser les oreilles. »

«J’aurais désiré, répondit Zwingli, que monseigneur et frère ne parlât pas des moines , dont nous n’avons point â nous occuper ici. Il m’est arrivé de me servir à leur égard d’expressions dures , que peut-être je pourrais justifier. D’au(res ont été plus loin que moi. Peutêtre aussi m’arrive-til comme à Luther, â qui beaucoup de gens n’empruntent que le mordant de certaines paroles, alliage amer échappé d’un cœur brûlant d’amour. Ceux qui me connaissent de prés pourront vous dire que moi aussi je sais user de support. Eh ! qu’ai-je dit aux adorateurs des Saints, si ce n’est qu’ils sont libres d’aller où bon leur semble déposer le secret de leur misère , que pour moi je vais à Dieu ; eux à l’incertain, moi au certain. Restait, après cela, â ne taire

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