LIVRE VU. PART. 11. CH.VP. V
ni la parole de Dieu, ni ma conviction, dùt-elle paraître offensante. » ■ '
Le commandeur se déclara pleinement satisfait (Je cette explication. En' général la délicatesse du sujet, qui touchait à tout ce qu’il y a de plus sensible dans la * consciènce, donna à tout ce débat je ne sais quel carac- * tère d’élévation, de haute gravité et , je dirai'presque, de paix. Zwingli le premier témoigna son estime à Steinlin de Schaffhouse qui fut en ce jour son principal adversaire , et montra beaucoup de savoir et d’adresse, ainsi qu’une connaissance approfondie de la Bible**. Le colloque finit par devenir un entretien savant, l’accent des interlocuteurs par être celui de la confiance ' et presque de l’intimité. Le prévôt de Zurich se mit à adresser à Zwingli des questions sur quelques passages diffieiles des Écritures. Seulement dans la soirée quelques étincelles d’un feu qui faillit tout embraser, répandirent du trouble au sein de l’assemblée»
Pour expliquer la cause de cette agitation , il faut que nous fassions connaître quel était Conrad Grebel.
Son père magistrat honoré , voyant en lui un jeune homme de grande espérance, le destina à la carrière des études , l’envoya en pays étranger ,* et pourvoi trop
'/ G’esl la Bible en main qu'il faut lire les actes de cette dispute. Du moment que les adversaires de Zwingli se laissèrent entraîner sur le terrain des Écritures saintes, et^qn’ils s’éloignèrent des traditions, il est facile de reconnaître que leur défaite était assurée. Ils furent plus habiles i l.eipxig et è Baden.
< ** Il avait deux fils et deux filles. Des fils, l’un était page de l’arcbiduc Ferdinand, et fut renvoyé; l’autre mourut misérable et dafis l’exil.
Des filles, Agathe perdit le prieuré de l’CEdenbacb, par suite de la réformation ; l’antre, Marthe, était épouse de Vadian. Le père finit ses jours sur l’échafaud. La seule Marthe fut heureuse, et mère d’une nombreuse postérité. FeU, Mim. LtUrtt dt Grtbtl Siml,), fVirt, IV.
largement à son entretien. Intelligent, aimable, le jeune Grebel sut gagner à Vienne la bienveillance de Vadian et de Zwingli. Mais déjà , emporté par la fougue de ses passions, il se livrait à des désordres qui ruinèrent sa santé A Paris, il s’y abandonna si complètement, que Glaréan dut lui fermer sa maison, et que le bruit de ses mauvaises mœurs parvint aux oreilles de son père. Celui-ci, courroucé, l’abandonna longtemps au sort ordinaire des aventuriers. Ce ne fut qu’après bien des années qu’il lui accorda son pardon et le retour dans la maison paternelle. Un souille impur avait terni la conscience du jeune homme , qui ne réfléchissait même les plus saintes images qu’en traits confus et altérés. A ses yeux obscurcis la Réforme n’apparut que comme un moyen de trouver dans un mouvement extérieur l’oubli des troubles de l’àme. Tel
était Grebel quand il vint souiller au sein de la conférence religieuse le feu qui brûlait en lui. Il teuta d’entraîner l’assemblée à des démarches extrêmes, et fut appuyé par Stoumpf, pasteur à Hœngg. Ne reconnaissant pas au gouvernement le droit de prononcer en matière religieuse, ils proclamèrent avec enthousiasme w V action de l’Esprit de Dieu, puissant en la personne * des seuls élus. »
Le lendemain, dernier jour de la conférence, Grebel manifesta de nouveau l’agitation de son esprit. Les difficultés qu’il souleva roulèrent sur la forme que devait avoir le pain de la Cène , sur la manière de le porter à la bouche , sur l’heure de le prendre et sur
de semblables questions. Vadian, qui avait épousé la
en fait l’aveo dana sea lettres, 29 janvier 1519 , 11 nov. 15)1.
{Coll. SimL)