CHAPITRE I
Le protestantisme. — Ses écueils. — Origine de l’anabaptisme. — Il pénètre en Suisse. — Insurrection dans le canton de Zurich. — Mouvement à Bâle. — A Schaffhouse. — Issue de la révolte en Allemagne. — Continuation des troubles religieux; 1525, 17 janvier. —Colloque. — Thomas Schouler. — Fin des principaux anabaptistes. — Déclaration définitive des gouvemeraens.
A la voix, des réformateurs, les regards d’une multitude d’hommes s’étaient détournés de l’idole qui se faisait adorer à Rome, et s’étaient portés sur la croix. Honteuse du joug qu’elle avait subi long-temps, cette îovAr protesta^ . Ce ne fut pas un soulèvement contre toute autorité, mais un retour consciencieux à Pautorité de la parole éternelle, (f Quand Dieu a parlé, dirent les réformateurs, quand il a fait connaître à l’homme ce qu’il lui est nécessaire de savoir, il ne reste qu’à suivre ce divin enseignement. Que seulement
‘ Histoire de la protestation des États évangéliques et de la résolutioq de Spire, par Jean-Joachim Muller, 170S.
on cesse d’empêcher la parole de se répandre, et bientôt tous sauront clairement ce qu’ils ont à faire et ce qu’ils ont à espérer. »
Cependant une expérience sévère vint leur apprendre ce que, dans la sincérité de leur enthousiasme, ils ne pressentaient pas; c’est que la Bible, source de vérité, peut être défigurée par des interprétations maladroites ou passionnées, jusqu’à devenir un instrument pernicieux. Tandis que Luther était prisonnier à la Wartbourg, Carlstadt son collègue se mit à déployer le zèle de l’exaltation. Les applaudissemens d’une jeunesse ardente lui créèrent des imitateurs plus hardis encore que lui. Munzer parut à leur tète*. Il se donna pour prophète inspiré®. Après avoir été dépouillé de la charge de pasteur, il vint à Bàle vers le milieu de l’an 1 524, se fit un litre de l’accueil d’OEcolampade, qui le reçut avec sa politesse accoutumée*; puis il se rendit à Waldshout et dans le Kleggau
Où il y a tyrannie se trouvent des germes de révolte ; et partout à cette époque le pouvoir séculier et le pouvoir ecclésiastique pesaient sur la société®. Dans l’Allemagne méridionale, la £/^e du Soulier et celle des confrères du pauvre Conrad, formées par les paysans wurtembergeois, avaient pris un large développe-
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* Strobet, Vie de Mumer.
' Voyez son appel fait à Prague en 1511. U est en entier dans le Panthéon anabaptuticum.
* Op. Œcolamp. Francof., 161, p. 307;
‘ Ballinger, sur l’origine des /inabaplistes, 1561.
* • Eh ! qni donc avons-nous à remercier de ce soulèvement et de ces
ordures, sinon vous seigneurs et princes, vous évéques aveugles , prêtres et moines insensés ? Ce n’est point pour manger le peuple qu’est établie la magistrature. • Luther, Eiehortation à ta paix au sujet dès douze articles des paysans. ' *
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