LIVRE VU. PART. III. CHAP
ment et laissé des traces même dans les pays voisins. Aussi Munzer fut-il accueilli par des transports de joie quand il y vint prêcher que l’heure des grands, l’heure de la rétrihution était venue, que l’aurore de la Nouvelle-Jérusalem allait paraître ! et que la liberté évangélique venait affranchir Israël de la servitude’.
Munzer attira auprès de lui Houhmeyer, pasteur à Waldshout. Cette ville était voisine des frontières suisses. On y alla chercher une conversation exaltée et l’appui de relations étendues. Rœuhli etBrœdtlein, montrèrent dés lors, dans leur zèle hautain, une raideur nouvelle®. On vit se joindre à euxBlaurock moine fugitif, d’une impudente hardiesse; Félix Manz, qui avait mérité l’estime, sans que son ambition en fût satisfaite, et Grebel, que son adresse et la position qu’il occupait dans la société, Crent le chef du parti. Si l’on peut en croire Bullinger, ces hommes, gens de mouven^ent * plus que d’application, voyaient avec envie la glojre acquise par la sagesse des réformateurs, et ils eus- ^sent voulu partager les dépouilles du canonicat. Alléguant la nécessité d’une réforme plus complète , ils essayèrent d’abord doucement de faire faire à ^Zwingli et à ses amis des pas hasardés; n’y ayant pas réussi, ils se déclarèrent ouvertement leurs adversaires '®. Alors se répandirent, sous des formes empruntées à la Bible et dans des images mystiques les idées d’une Église nouvelle qui , ne se laissant point confiner dans les temples, habiterait les monts, les
* Strobel, p. 93, Bullinger.
* ColL Siml. Fuesli, Mém., 1 , 217.
* Robe bleue; il se nommait lui-oiéme Georges, de la maison de Jacob.
“ Eleiiehus contra Anabaptistes. Zwingli opp. t. II. . «
bois OU tout autre lieu de la terre. On parla beaucoup d’appels intérieurs de Dieu. On proclama la vanité de tout savoir humain, l’égalité des disciples de Christ et la communauté des biens entr’eux. On insista surtout sur le baptême des adultes parce que ce baptême présentait un signe désiré de ralliement; et comme la lettre des Écritures était en apparence favorable à cet usage , on déclara que l’on était prêt à mourir plutôt que d’y renoncer * *
En Suisse, ce fut à Zollikon, dans le canton de Zurich, que l’orage éclata. Les habitans de ce village, excités par Brœdtlein et Rœubli, avaient violemment renversé . les images, l’autel et jusqu’au baptistère *®.»Rœubli ayant été jeté en prison, et Brœdtlein déposé, leurs amis se réunirent pour donner à*ce dernier un repas d’adieu ; Manz, Blaurock et un grand nombre de personnes non conviées, se trouvèrent à ce repas**. Une iqultitude de gens reçurent en ce jour le baptême de la nouvelle naissance. Ils allèrent à leur tour le donner à d’autres. Le dimanche suivant, quand le prêtre appelé à remplacer Brœdtlein se mit en devoir de prêcher, celui-ci lui imposa silence, et s’avança vers la chaire, loin de laquelle on eut beaucoup de peine à l’entrainer. Pendant ce temps, Manz et Grebel allaient de maison en maison, dressant, suivant leur expression, la table de Dieu. Us rompirent le pain, donnèrent la coupe. Brœdtlein, nouvel apôtre, envoya des épîtres. Les assemblées se prolongeaient bien avant dans la nuit. A toute
« Zwingli voyait bien que l'anabaptisme conduisait à laséparation. • Buttinger.
^ Grebel h Vadian, 12 déc. ISSé. Coll. Simt.
'* Fastli, Mcm., Il, 58.
. ** Àrch. Zur. DVII, 6. — Fuasii, 1, 20i. —• Zwingli’» Elenchu».