‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 131 sur 234 · LIVRE VII. PART. III. CHA>. I. !2S · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. III. CHA>. I. !2S

heure des flambeaux étaient promenés sur les chemins. Toutes les imaginations étaient émues. Quiconque s’abstenait d’expressions inusitées et d’un accent hors de nature, passait pour être mort à l’esprit de Dieu. Zwingle et Léon étaient regardés comme de faux prophètes , et Zwingle en particulier comme le grand dragon. Quelle ne fut pas la surprise des citoyens à Zurich, quand ils virent se répandre dans les rues de leur ville des essaims de personnes exaltées, couvertes de sac et de cendres, la corde au cou, bourdonnant et criant: « Malheur à Zurich ! malheur dans quarante jours ! m

Le gouvernement s’occupait d’arrêter ces désordres, quand des faits nouveaux montrèrent le danger dont la secte menaçait l’État. La régence autrichienne ayant ordonné aux habitans de Waldshout d’éloigner Houbmeyer*^ qu’ils avaient choisi pour leur pasteur, ils s’opposèrenf à l’exécution de cet ordre. Croyant l’Évangile attaqué, ils prirent les armes. Une foule de volontaires, Zuricois pour la plupart, coururent se joindre à eux Rappelés par leur gouvernement, ces volontaires répondirent” que l’or ni aucun intérêt périssable ne leur avait fait prendre les armes, mais le seul intérêt de la gloire de Dieu et de l’bonneur de Zurich; ‘que l’esprit du Seigneur les avait rassemblés, et que Jésus-Christ, dont le nom brillait en lettres d’or sur, leurs drapeaux, les avait engagés dans cette guerre ; qu’ils mourraient donc plutôt que de revenir sur leurs pas. Cette réponse, signée de la main de Collin, toucha le coeur de plusieurs membres du Con-

“ Schellhorn, Acia bistorico-eccl. , 120, — Cot/. Siml., lettre de la régence d’ïnspruck à Zurich, iO sept. 1524.

Collin, Autobiographie. Ballinger.

Le 8 octobre 1524. CoU. Siml. •

seil, qui ne surent que l’approuver; d’autres, en plus grand nombre, jugèrent l’entreprise violente, arbi~ traire, attentatoire au pacte héréditaire avec l’Autriche, et faite pour provoquer la juste colère des Confédérés. On résolut d’intercéder pour Waldshout, et l’on y envoya des députés. Ils en ramenèrent tous ceux qui consentirent à les suivre ; mais les sectateurs de Grebel demeurèrent, brisant les fonts baptismaux et donnant, en plein air, à des troupes entières le baptême de la nouvelle naissance Des enthousiastes, des aventuriers, des déserteurs grossirent de jour en jour les rangs de l’insurrection Elle gagna le Kleggau, le Sundgau et l’Alsace^®. Zurich, Bàle et Scbalîhouse s’efforçaient d’interposer leur médiation que déjà la rébellion avait dépassé leur frontière.

Un jour que le bailli d’Églisau péchait , il fut troublé dans cet exercice par des gens qui criaient comme leurs voisins d’Allemagne : « Le Dieu tout-puissant a créé libres les bêtes des forêts , les oiseaux de l’air et les poissons des eaux courantes; pourquoi le paysan, qui pâtit de leurs dégâts , n’aurait-il aucune part aux profits de leur chasse? » Ils déclaraient aussi qu’ils ne feraient plus les corvées et ne paieraient plus d’impôts. Bientôt dans toute la contrée des montagnes on répéta ce langage. Une bande de paysans vint fondre sur le couvent de Ruti , dont l’abbé s’était prudemment en-

** SchelUiom.

<0 O Venez, écrivaient-ite à lenre amis, et nous ferons façon de l’en- ,nemietde messeigneurs ; sinon, gare la parole de Dieu. • Coll, Stml,. (Uellre à Aberli). ,,

Il y avait 3,000 Suisses. Oc/is.

« Coll. Siml.

“ Arch. Zur., 2Ajanvier 1526. - •

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