LIVRE VU. PART. 111. CHAP
on les traita libéralement, et leurs projets tombèrent dans l’oubli
Ce ne fut pas toutefois pour long-temps. Le gouvernement ne tarda pas à apprendre que des invitations à une nouvelle assemblée , plus nombreuse que la précédente, circulaient, meme dans des districts qui jusqu’alors étaient demeurés tranquilles. En ces conjonctures, il confia à quelques membres du Conseil un pouvoir dictatorial *®. D’autres reçurent mission de s’adresser aux tribus de la ville, aux paroisses des bords du lac , de la Limmat , et à celles des bailliages libres. Ces députés furent invités à faire sentir l’inconvenance des prétentions soulevées par l’assemblée de Tœss et l’iniquité des communes situées au-delà de la Thour, qui, en se refusant aux cens et à la dîme, allaient faire peser sur le reste du canton des charges nouvelles et entraîner le pays dans la guerre contre des voisins lésés dans leurs intérêts. Les envoyés portèrent ces paroles aux habitans des communes demeurées paisibles ; ils ajoutèrent : « Le gouvernement a la certitude que s’il en est parmi vous qui se rendent auprès des raécontens , ils n’iront que comme pacificateurs ; mais nous attendons d’en recevoir l’assurance de votre bouche. » Les communes répondirent dans un langage également éloigné de celui de la sédition et de celui de la flatterie ou de la crainte : « Continuez, nos seigneurs, à vous montrer gouverneurs chrétiens, et vous nous trouverez prêts à voüs donner nos biens et nos vies. Nous avons, il est vrai, certains reproches à vous adresser, mais il nous souvient des doctrines des
Ballinger.
^ A. Z , 12 juin 1525.
ÉTangélistes et des Apôtres qui nous apprennent comment les membres d’un corps doivent se comporter les uns envers les autres. Ne méconnaissant ni votre affection ni vos peines , nous nous contentons de recevoir l’assurance que vous nous donnez d’alléger quelques-unes de nos charges. Montrez-vous toujours de bons pères pour le pays. Semez-y là justice; seule elle prospérera. » Fort de ces témoignages de fidélité , donnés par la partie la plus riche et la plus considéra- ^ble du canton , le Grand- Conseil choisit de nouveaux députés et les envoya aux communes rebelles. Il adjoigne cette députation quelques ecclésiastiques.
Tout bien examiné , il fut reconnu que les provocateurs de l’insurrection avaient été, d’un côté, des pasteurs, interprètes maladroits des Écritures, particuliérement en ce qui concerne la dîme, et de l’autre, des hommes intéressés , accoutumés à faire prévaloir leur voix dans le tumulte des cabarets. Ce fait reconnu, on jugea qu’il fallait, avant tout, éclairer le peuple sur la question de la dime, et dans ce but on s’adressa à Zwingle. Peut-être avait-il lui-même, par des pro^ pos mal compris , contribué aux égaremens des gens des campagnes. 11 n’en mit que plus de soin à s’efforcer de les mieux instruire. Il se garda bien d’aller, comme le sous-secrétaire Am Grut faire dériver la dlip&de la loi de Moïse , mais il exposa vivement les motifs de 'droit sur lesquels reposait la validité de ce revenu. Il apprécia ces motifs dans un colloque qui eut lieu en présence du Grand-Conseil; il les mit ensuite par
fVirz, IV, 42. Am Crut était revenu d’une ambassade à Rome, fort irrité contre Zwingle. li se démit de sa charge et retourna mourir A Rome.