LIVRE 'qin PART. 111. f^AP. I
écrit, et les publia^r la voie de la presse Le gouvernement donna au traité le temps de sè répandre ; puis , il prononça sur la cause tout entière. La grande dime fut maintenue; la petite, rendue rachetable. Quelques-uns des fauteurs de troubles furent punis par des amendes , un seul de la peine de mort. Les communes demeurées paisibles obtinrent une copie, en toutes formes, de l’acte de Waldmann dont elles avaient perdu l’original. Et la paix se trouva si complètement rétablie que , un mois plus tard , six mille personnes accoururent des campagnes, pour venir célébrer avec les citoyens de Zurich le jour de la consécration de leur Église
Cependant Bâle partageait les dangers qu’avait courus Zuricb^i^^s paysans s’étaient rassemblés en foule à Liestal , résc^s à ne recevoir aucun ordre du gouvernement. Après avoir pillé les maisons religieuses, ils s’avancèrent sur la ville, où les tribus s’armèrent. Elles voulaient marcher et ne furent retenues que par le gouvernement qui fit tous ses efforts pour éviter l’eÇfusfon du sang. Les deux bourgmestres se présentèrent aux portes, et essayèrent inutilement d’obtenir des campagnards qu’ils regagnassent leurs foyers. Des députés accourus de Zurich , Berne , Lucerne , Frihourg et Soleure , eurent le lendemain plus de succès ; à leur voix amie, les paysans se séparèrent, laissant, à un comiÉ le soin de leurs intérêts. Des conférences se tinrent sous la médiation des Confédérés, il fut re-
** Colt. Siml. — A. Z. — Ballinger.
Btémor. Tigur., 18Î0, p. 119.
Ballinger,
*• Ocht^y, Loatt, Hiit, de la réf. d BàU, Fuseli, Mem,, II.
connu qu’à Bâle aussi le mouvement avait pris naissance par la contagion, et que des ecclésiastiques en avaient été les instigateurs. L’un d’entr’eux , prédicateur à Liestal, prit la fuite. Il fut seul excepté de l’amnistie, promise aux paysans. On leur accorda, comme à Zurich , l’allégement de quelques charges. Des citoyens de la ville furent l’objet d’une enquête dont la sévérité n’amena pas de résultat. La victoire du peuple laissa dans les esprits des membres du Conseil de profonds ressentimens.
Dans le canton de Schaffhouse , l’insurrection de quelques communes de la campagne eut pour elles une fin malheureuse. Une garnison stationnée à Neukirch les intimida d’un côté, tandis que de l’autre elles furent contenues par un cordon de troupes que Zurich avait placé sur ses fontiéres pour empêcher les communications entre les mécontens des deux rives du Rhin. Ainsi pressés, les campagnards se décidèrent à formuler de modestes représentations. Elles furent d’autant moins bien reçues qu’un mouvement plus sérieux se manifestait au même instant dans la ville. Deux tribus, celle des«pêcheurs et celle des vignerons, refusaient de prêter le serment des citoyens ; elles se plaignaient par la voix d’Heinemann, le préposé des vignerons, de l’opposition que rencontrait la Réforme , des privilèges de la noblesse, de la dîme, et de la taxe qui pesait sur les vignes. Dans les autres tribus, plus d’une voix répétait leurs plaintes. Le Conseil déclara ne vouloir point siéger avec les représentans des deux tribus qu’elles n’eussent prêté serment. Elles s’armèrent, et occupèrent le couvent de Tous-les-Saints. Le bourg-
•* Kirehhofer, A. Seh. , 60, etc.