‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 143 sur 234 · LIVRE VU. PART. 111. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. 111. CHAP. II

demander justice à Frauenfeld. On était près de la riche chartreuse d’Ittinguen; peut-être prit-on le parti d’y porter la multitude pour empêcher de plus grands maux Elle s’y précipita ; et en un moment église , couvent, caves et greniers, tout fut livré au pillage. Lés images servirent de jouet, les créances et les titres de l’ahbaye furent anéantis, les troupeaux enlevés, et ni les injures ni les mauvais traiteraens ne furent épargnés aux moines. Cependant des députés accoururent de Zurich, où Am Berg avait en hâte envoyé demander du secours*. Ils rassemblèrent la multitude dans une prairie, et ordonnèrent à chacun de retourner dans ses foyers. On commençait à obéir, quand toutà-coup le feu jaillit du couvent , qui bientôt fut réduit en cendres. Jamais on n’a pu savoir la cause de l’incendie.

Quand on apprit dans les cantons ce malheureux événement, la haine contre Zurich y puisa une ardeur nouvelle : « Voilà , dit-on , les fruits de l’hérésie. » Les Waldstetten, conjointement avec Zoug, se promirent d’exercer une vengeance rigoureuse, et ils menacèrent le couvent réformé de Cappel de lui faire partager le sort de celui d’Ittinguen®. De son côté, le gouvernement zuricois exprima à tous ses confédérés sa douleur, ainsi que sa ferme volonté de faire justice. Il envoya quelques troupes à Stein et à Stammheim, pour y saisir les moteurs de l’insurrection. A Stein, le bourgmestre, le pasteur et d’autres personnes s’étaient échappés A

’ Anhicti du cou»eni d'ilünguen,

' A. Z. CCXVI, 3. Ballinger, asseï inexact sur ces faits.

’ SalaL Ballinger. Kirchhofer, Extrait de» A. Sch.

*• Les Actes. Bullinger, Journal de J. Stockar. Coll, Siml,, XII. Salai.

Staminheim , personne n’avait pris la fuite, et W irth , au moment où il fut arrêté, déclara, « qu’on eût pu éviter un déploiement de forces; que, ses seigneurs lui eussent-ils fait parvenir leur ordre par la voix d’un enfant, il eût obéi. »

Cependant Zurich fut loin de satisfaire par ces démarches les neuf Cantons qui avaient part avec elle à la souveraineté et aux justices seigneuriales en Thurgovie. Us soutenaient qu'il ne lui appartenait point, mais à eux, de juger le crime commis; et ils demandaient qu’à cet effet les prisonniers fussent traduits à Badeu. Zurich hésita à livrer Wirth à leur haine. Elle répondit que, possédant la justice inférieure dans la contrée , elle instruirait du cas , et y comprendrait l’offense qu’elle avait reçue du l>ailli. — « Non point, répliquèrent les Confédérés; la rébellion et le pillage des églises sont au rang des crimes capitaux, et de nature à ne pouvoir être jugés par des hérétiques; le bailli a bien agi en obéissant aux ordres de neuf Cantons, plutôt que d’un seul, et si les prisonniers ne nous sont pas livrés, nous saurons les aller chercher. »

Enfin les Cantons prirent l’engagement de se borner à la perquisition des ravages commis à Ittinguen, et sur cette promesse Zurich se résolut à céder. AVirth , ses deux dis, et Rutimaun, sous-préfet à Nousbaumen, furent conduits à Baden. Les députés des neuf Cantons y étaient; quatre délégués zuricois prirent place auprès d’eux. Wirth , interrogé sur la part qu’il avait prise à la révolte, répondit : « que ses gens l’avaient mis à leur tête pour repousser une attaque injuste, et qu’il avait cru de son devoir de poursuivre la délivrance de son ami, le pasteur Oechsli ; que si ces efforts eussent été couronnés du succès, il if’eût été commis aucun dés-

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