‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 144 sur 234 · UVRK VU. PART. 111. CHAP · texte numérisé non relu

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ordre, et l’on se fût borné à demander justice au bailli ; qu’avant l’incendie, il était de retour dans ses foyers avec les gens de son ressort. » C’est ce qu’attestèrent tous les témoins et entr’autres le prieur du couvent. 11 n’y avait point là crime de liante trahison. Forcés de le reconnaître, les députés des Gantons prirent une autre voie. Ils mirent en oubli l’engagement par lequel ils s’étaient liés et, montrant aux accusés la torture, ils firent porter les interrogatoires sur l’abolition de la messe et des images. Les députés zuricois eurent beau en appeler aux promesses qu’ils avaient reçues, on leur répli(]ua qu’on agissait par ordre, et ils furent contraints de se retirer. Les accusés durent subir une longue et cruelle torture en présence de leurs ennemis , et endurer les outrages dont on les abreuva. « Convenez, leur cria un des députés, que vous avez reçu l’argent des Turcs. >» Un autre leur dit : « Qu’attendezvous pour invoquer la mère de Dieu ? » Quand Sébastien de Stein vit les douleurs d’Adrien Wirth, ie plus jeune des deux frères, portées au plus haut degré, il l’assura u que c’était l’aurore de ses noces. « Le père, ne pouvant supporter la vue des soulfranees de son fils, demanda avee larmes qu’on eût pitié de son innocence. Stein lui repartit durement, « qu’il se souvint de ses Apôtres , qui avaient pris plaisir aux coups de fouet et aux supplices. » Un seul d’entre les juges ( nous ignorons son nom ) osa louer la conduite du fils aîné qui , torturé avec la dernière violence, s’obstina à déclarer qu’un fils ne saurait être appelé à témoigner contre son père. Toute cette scène eut lieu en secret. Mais le voile qui la couvrit n’a pas moins été levé". L’histoire la

•' Un inconnu, très-probablement un témoin (les faits, noas les ra-

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retrace , non pour soulever les ressentimens contre des hommes aveuglés , dont peut-être la charité divine a fini par dessiller les yeux et laver les égaremens ; mais elle redit ces fureurs , afin que les hommes de nos jours ou ceux des temps à venir qui seraient tentés de rappeler les jésuites, l’inquisition et les crimes d’hérésie, sachent ce dont ils réclament le retour. Est-ce ainsi qu’ils comprennent la religion du Dieu des miséricordes ?

Les envoyés des neuf Cantoûs se réunirent à la fin d’octohre pour prononcer un jugement Zurich ne voulait envoyer aucun député; mais lorsqu’on vit la femme de Wirth, veuve pour ainsi dire, prendre par la main le plus jeune de ses fils et se mettre en marche avec lui , afin d’aller implorer la pitié des juges , bn lui donna un défenseur. Ce fut vainement qu’il intercéda. (( Mon cher Escher, lui dit Jérôme Stockar, l’envoyé de Zoug, j’ai deux fois été hailli en Thurgovie, et je n’y ai pas connu d’homme plus honnête, ni de serviteur plus loyal que Wirth; aussi n’eût-il commis qu’un meurtre ou un vol, je le protégerais; mais il a brûlé l’image de la mère de Christ, il n’est point de salut pour lui. » Escher s’écria : « que Dieu l’entende ! et qu’on sache qu’un honnête homme est plus criminel pour avoir brûlé une image de bois, que s’il se fût ^ rendu coupable d’assassinat ou de brigandage ! « Après quoi, les portes de la salle se fermèrent; Wirth, son fils aîné, et Rutimann, furent condamnés à avoir la tête tranchée. On accorda la vie du second fils aux larmes de sa mère. Comme il pleurait de ne point partager

conte avec tous les caractères de la simplicité et de la vérité. Conférei les diverses copies. CoU. Siml.

D’après fiullinger principalement.

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