LIVRE VII. PART.*m. CHAP. II
était venu malgré lui prendre le poste de principal défenseur de l’Église. Il eût voulu donner sa place à Zwingle, et, privé de sa présence, il s'appuya du moins de ses conseils, au moyen d’un fréquent échange de courriers La voix noble et sévère du bourgmestre bâlois , Adelberg Meyer , le garantit de procédés injustes et de traitemens injurieux.
Eckius avait choisi les sept thèses de la dispute. Il sut adroitement écarter la question de l’autorité de l’Église et du Pape. A la tête des sujets en discussion se trouvait placé celui de la présence corporefie du Christ dans la cène, en preuve de laquelle on pouvait invoquer le témoignage de Luther lui-même , adversaire prononcé du sens symbolique que les réformateurs suisses donnaient» aux paroles : ceci est mon corps, ceci est mon sang. On d^uta sept jours sur ce sepl article, Eckius avec u||es; singulière confiance et beaucoup d’esprit, OE^ailAa^de avec^une modeste liberté et une connaissance approfondie des Écritures. «,A la Bible! disait le preihîer d’une voix puissante, à la Bible ! qu’on Wy fasse lir^ l’ordre exprès de s’écarter de l’inteyprétation littérale qui depuis mille ans est celle de l’Église. » OEcolampade, forcé pour répondre d’eotrer dans des explications de' mots, et de dépouiller l’idée de son sens figuré , trouva dans la multitude peu d’oreilles ouvertes«’ses explications. Imeli, pasteur bâlois, vint à son aide : «Veut-on tout entendre à la lettre, dit-il, c’est littéralement aussi qu’il faut prendre ce qurnous est dit de Christ , qu’il est assis à la* droite de Dieu. Mais affirmer qu’il peut à la fois être
“ Platter était ain de ces courriers, ainsi qu’il le raconte dan» .sa bio^ graphie.
IllSTOUlË DB LA SUISSE.
assis dans le ciel et être présent sur la terre, dans le sacrement de l’autel, c’est parler contre nature. Or, c'est à qui parle contre nature à apporter des preuves et non pas à en demander. » Eckius s’appuya de la Toute-Puissance de Dieu. Des deux cotés on crut avoir vaincu par l’Écriture-Sainte. Le parti romain poussa un cri de victoire qui retentit jusque dans les paroisses les plus reculées des Alpes Les présidons de la conférence et quelques-uns des députés des Cantons , crurent, dés lors n’avoir plus de mesure à garder. L'avoyer Houg, de Lucerne, apercevant parmi les Franciscains Luthard de Bàle qui, grièvement blessé en voyage par sou cheval, demeurait au rang des auditeurs, alla vers lui, le saisit, et le poussant violemment, le jeta dans la chaire. Luthard, forcé de parler sans préparation, s’en acquitta, dit-on , avec sagesse et clarté. Les actes ne firent point mention de son discours.
On fut encore sept jours à discuter les quatre points suivans. A l’article second, Eckius soutenait que la messe est un sacrifice du corps de Christ pour les vivans et pour les morts. Berthold Haller, accusé d’altérer cette doctrine dans ses prédications, se vit dans la nécessité de prendre la parole; craintif, lié par les ordres de son gouvernement qui l’obligeaient à garder la défensive , il fut traité impiloyahlenient [lar Eckius, qu’encourageaient les regards significatifs de l’avoyer bernois, Gaspard de Mulinen, ennemi de la Réforme. Haller s’empressa de céder son poste à OEco- ‘lampade. Celui-ci déroula sur le sujet du Sacrifice des connaissances étendues et pressa si vivement Eckius
” “Vadian à Zw., 25 mai. Mangolt à Zw., l®'' juin. Comander à Zw., ^ jüin. ^ Coll. Siml, ) ^
. “ Eeer excepté.