LIVRE Vit. PART. 111. CHAP. III
saient encore la Réforme une loi de se rendre à Berne. Zwingle obtint la permission d’y aller; Pellican, Mëgander, Collin lui furent donnés pour compagnons de voyage, et l’État les défraya Le commandeur Schmied et un grand nombre de leurs amis réso* lurent de se joindre à eux. A la demande de Haller, Zwingle publia les thèses de la dispute il se pourvut aussi de livres chose rare à Berne , et il adressa de nombreuses invitations en Allemagne , à amis et ennemis. Le soir du premier jour de l'an 1 528 , les chanoines de Zurich accueillirent les prêtres et les savans venus de Souabe, de Bavière , et de la Suisse orientale, au nombre de plus de cent ; et le lendemain , on se mit en marche. Parmi les voyageurs étaient le bourgmestre Rœust , trois autres sénateurs , et le banneret Bischof , venu de Berne pour leur faire cortège. Sur des bruits qui donnaient à craindre un coup de main de la part des cinq Cantons lorsqu’on traverserait les bailliages libres, trois mille hommes se tinrent sons les armes, et la tribu des charpentiers marcha jusqu’aux frontières d’Argovie. Le voyage prit trois jours , et se fit sans fâcheuse rencontre OEcolampade, Capiton,
“ Coll. Siml.
“ Berne à Zurich, 20 nov, (ColL Siml. ). Haller à Zwingli, 14 nov.. 2 déc. Zwingli leur indique jusqn’i la forme qu’il convient de donner 4 la salle. Haller lui répond : • Tilmannus archilectus locnm juxta deformationem tuam apparabiL > 2 déc.
« Apud nos velus Testamentum græcnm nescio. Nicolaas a puéril habet biblia Hebræa. Ex docloribus habeo Hieronymum, Tcrtullianum, Irenæum, Gyriliura, Cbrysostomum et quedara Augnstini. . HalUr à, Zw., 26 nov.
.Si ce n’est celle d’Onopbrion Setxstab, banni de Zurich comme aventurier mercenaire, et qui, 4 Mellingen, accusa Zwingli d’avoir à Paris (où Zw. n’avait jamais été ) volé une cuillère d’argent et 1(5 florins :
Bucer, et tous les principaux soutiens de la doctrine évangélique étaient arrivés. Les Bernois ne négligèrent pas de se montrer grands, équitables hospitaliers Un programme de la dispute avait été publié^®; les ecclésiastiques du Canton avaient reçu l’ordre de se rendre au colloque ; les quatre évêques , les Confédérés et leurs amis y avaient été invités avec instance. Les évêques se tinrent à l’écart Celui de Lausanne déclara (t qu’il n’aurait point l’aVrogance de résoudre d’après son propre jugement ce qu’il n’appartenait qu’à l’Église universelle de traiter ; qu’au reste , il eût fallu donner aux savans le temps de se préparer à la conférence par l’étude des saintes pages. » 11 alléguait aussi la mauvaise saison. L’Empereur ne dédaigna pas d’écrire aux Bernois pour blâmer leur conduite. Schaffhouse envoya un refus Les cinq Cantons protestèrent, déclarèrent les alliances enfreintes , et entraînèrent avec eux Claris , Fribourg et Soleure. Ils refusèrent tout sauf-conduit aux voyageurs qui devaient traverser leur
il l’avait ainsi entendu dire h Lucerne. Cette insulte occasionna un déinélé de courte durée. Protoc. du sénat de Soleure, 3 février 1523.
** On offrit à Beer, de Bâle, et au prévôt de Soleure la présidence du colloc^ue, et le secrétariat à Huber de Lucerne, et aux chanceliers de Fribourg et de Soleure.
•’ «Senex Madius CMay) te hospitein exoptat, cui vicinus est Mcolaus a VVattenwyl, qui domum aniplissimam et ferme regiam habet. • Haller, 26 nov., et le 2 déc. • Trempii domus te cum consulibus expectal, et uior vidua Thomæ ab ilofen rei culinariæ inserviet. Equos vero, ubi in iirbe locum commodum nequeant babere, ad pagos viciniores promovebimus. •
Le 17 nov. 1527. Il est à la tête des actes.
L’évéque de Sion par une homélie, celui de Constance avec des phrases, celui de Bâle en priaut brièvement qu’un ne prit [roint ù mal son absence. Holzkalh.
” Bch. à Zurich, 30 déc. {Coll. Simt., .XIX).
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territoire **. Berne alors le prit sur un haut ton : « En quoi avons-nous violé les traités? est-ce. en ne nous soumettant pas aux résultats de la dispute de Baden ? Nous ignorons qui dans cette conférence a remporté l’avantage. Ce que nous savons , c’est que nos pères , s’ils eussent été les témoins comme nous des fraudes de l’Antéchrist, fussent demeurés moins long-temps asservis à l’erreur » Soleure n’osa fermer ses routes aux passagers. Fribourg fut sommée,’ si elle n’ouvrait pas les siennes, d’en venir aussitôt au partage des bailliages communs L’évêque de Lausanne reçut trois lettres , et lut dans la dernière : « Si quelqu’un des vôtres se permet un acte d’inimitié, sachez que. Dieu nous aidant, il aura, lui et ses ayant cause, lieu de s’en repentir. Sachez-le bien, pendant qu’il en est temps*®. » L’évêque se le tint pour dit, et l’on vit arriver au colloque, si ce n’est comme son envoyé, du moins sans qu’il l’ignorât, Conrad Treger, provincial des Augustins de Fribourg.
La conférence s’ouvrit le 6 janvier 1528, dans l’église des Franciscains. Vadian, le doyen Briefer de Bâle, le prévôt d’Interlaken ** et Conrad Schmied furent invités à présider. Les secrétaires prirent place entre les deux tribunes, comme entre des camps ennemis, et ils rédigèrent le protocole avec tant d’impartialité que, lorsqu’on le publia, il ne provoqua aucune plainte. Les dix thèses roulaient sur l’Église, la rédemption, la cène, le purgatoire, les images et le »
Pitce du 18 déc.
’* Pièce du 27 déc. Toutes ces pièces ont élé publiées.
Le .VI déc. Thés. Hottiuger, XV.
Ruehai, II, 512.
” 11 tomba malade, et l'abbé de Golslalt le remplaça.
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célibat. Se présentèrent pour les combattre Alexis Grat, confesseur des sœurs de Saint-Dominique, Treger, Bourgauer de Saint-Gall, qui n’attaqua que la doc-r trine de Zwingle relative à l’Eucbaristie , Jean Bouchslab, maître d’école à Zofingue, Guilg Maurer , curé à Rapperschwyl, Houtcr, curé à Appenzell, et d’autres encore; combattans trop faibles pour que la lutte offrit un vif intérêt. Un témoin**, zélé catholique, l’a caractérisée dans la lettre suivante : « L’incurie de nos supérieurs ecclésiastiques nous perd ; c’est vainement que nos amis à Berne ont employé jusqu’aux menaces pour obtenir la présence des évêques ou l’envoi de savans distingués. Est arrivé le provincial de Fribourg, moine impudent et bavard qui a prévenu sa défaite en s’échappant. Un Dominicain est venu prouver par le nom de Pierre que cet apôtre a été donné pour chef à l’Église. Le principal tenant a été un maître d'école de Zofingue, qui plus que tout autre a montré du zèle et de la bonne volonté, mais qui ne pouvait mieux faire. Ainsi nous expions notre ignorance. Et cependant nous avions assez d’appuis à Berne pour pouvoir prolonger la dispute pendant plus d’une année. Que n’avions-nous seulement un Érasme à mettre en avant ! Souvent j’ai vu nos adversaires être près de se diviser d'opinion, hésiter, et se tourner pour recevoir le secours des leurs : Zwingle les rani • niait par sa constance. Jamais son ardeur ne s’est ralentie. Le tigre ** a plus de savoir que je n’eusse cru. OEcolampade n’a pas son génie, sa clarté, sa puissance ;
Jacques de Munster, prêtre à Soleurc. Il écrit à Sigisinond de Sl.- Trudone, chanoine il Mayence. Sculteti Ànn. Br., !I. Ruchai, II, 519.
** • Bellua. • (Xcolanipade cst noromé niunliu; Capiton, impoitor ; ^ chacun une épithète.