‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 157 sur 234 · LIVRE VU. PART. 111. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. 111. CHAP. III

paroisse sont affranchis du serment qu'ils leur ont prêté et qu’ils ne prêteront dorénavant qu’à nous. Qui se refusera à le faire et se montrera contraire à la doctrine évangélique, sera remplacé par un pasteur pieux et fidèle. La messe et le culte des images sont abolis à jamais ; toutefois les changemens se feront avec les égards dus aux faibles, que Dieu veuille éclairer par sa parole! Permis aux donateurs vivans des institutions pieuses de retirer leurs offrandes ; il nous sera rendu compte des autres biens de l’Église-. Les moines continueront à jouir en paix de leurs revenus jusqu’à leur mort, mais ils ne recevront pas de nouveaux frères. La liberté de se marier, dont les prêtres ont été privés contrairement aux Saintes^Écritures, leur est rendue. Les peines sont réservées pour être appliquées sévèrement à la débauche et à l’intempérance®*. Et pour que notre peuple soit bien instruit des motifs de cette ordonnance, la messe sera remplacée dans tout le pays par une prédication assidue de la parole de Dieu. »

Ce décret mit le sceau à la révolution qui s’était opérée dans les esprits. Vainement la famille de Diesbacb tenta de sauver la messe en lui donnant abri dans sa chapelle domestique ; elle ne concilia que peu de suffrages®®. Déjà pendant que durait le colloque, la tribu des cordonniers avait brisé dans l’église des Franciscains un autel qui lui appartenait. On suivit bientôt cet exemple avec entraînement^®. On alla même

" . Les dix livres que l’on payait pour avoir mangé viande ou œufs en iour maigre, nous voulons qu’on les paie ît l’avenir lorsqu’on se sera saoulé et qu’on sera ilemeuré i boire après les neuf heures, • etc.

•* Oelic. urb, Bei-nœ, 208.

BifUinger.

jusqu’à bannir la musique du service divin. Le soir de la dernière fête que Berne célébra en souvenir de Saint- Vincent, l’organiste joua encore l’air Pauvre Juda, qu’as-tu fait? » puis, le deuil dans le cœur, il quitta son instrument qui fut aussitôt mis en pièces^*. Les campagnes imitèrent la ville. Cependant à Buren, il ne se trouva personne qui osât s’attaquer à la Madone, de laquelle on avait souvent acheté le salut d’eùfans morts sans baptême. Il fallut qu’Antoine Noll vînt au nom du gouvernement mettre le feu à la statue; le peuple regardait dans l'atlente; aucun miracle n’eut lieu, et cette circonstance prêcha plus efiicacement la Réformation que n’avaient fait les sermons de Zwingle^^. Les chefs de la république bernoise songèrent dès ce moment à perfectionner l’éducation du peuple et dans ce but ils appelèrent à' Berne Sébastien Wagner, Megander^®et Rhellican**. Arriva le jour du renouvellement annuel de la magistrature ; vingt membres du Grand-Conseil et quatre du sénat furent remplacés. Manuel fut nommé banneret. Les titres à l'élection se trouvèrent avoir été des mœurs pures et l’attachement à la Réforme, qui fut ainsi consolidée^*. t

La révolution opérée à Berne réagit en divers lieux, au nombre desquels il faut d’abord faire mention de

“ Non sans résislance.

“ Haller h Zwingli, 10 mars. (Colt. Siml., XX. )

“ Grossmunn, de Zurich. 11 revint Zurich en 15S8 pour y être archidiacre cl chanoine de la cathédrale.

Jean Muller, de Rhellikon. Ileviiit k Zurich en 1538. Pasteur a Biennc en 1541.

“ Haller à Vadian, ÎO avril. ( Colt. Siml. ) •

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