LIVRE VII. PART. III. CHAP. III
Lulhéranisme Les défenseurs de la vieille foi mettaient en usage les ressources du pouvoir et de la richesse. Les bourgeois de leur côté se réunissaient dans les abbayes, où ils invitaient à leurs banquets OEcolampade et ses amis. La peste sévit en 1 526, la grêle ravagea les campagnes, le feu du ciel fit sauter un magasin de poudre, et des deux côtés on crut reconnaître que Dieu s’armait contre la partie adverse. L’un des partis triompha lorsque le Conseil défendit aux ' moines de rompre leurs vœux, et que l’évéque nouvellement élu fit sa brillante entrée, suivi de plusieurs exilés qu’il ramenait en vertu d’un ancien privilège. Leurs adversaires chantèrent victoire à leur tour, lorsque vingt jours de fête furent retranchés , qu’on laissa les prêtres libres de dire ou non la messe, qu’OEcolampade, à son retour de Baden , obtint de pouvoir publier ses écrits, et que le chant allemand fut introduit dans le culte. Les choses l'estèrent en cet état jusqu’à l’époque du colloque de Berne
Mais lorsque les nouvelles du succès de la dispute parvinrent à Bâle, elles y excitèrent une vive étnotion. Soudain des ouvriers, à l’insu du sénat et sans aucune provocation, vont enlever les images du temple de Saint-Martin et de celui des Augustins®*. On veut punir; mais de nombreux clubs font entendre au gouvernement un langage qui change sa résolution ; il permet que deux églises servent au culte simplifié.
Ordonnance d’ocL 1536. OeAi, V, 550.
“ Oda, v, 593, 558, 580, 568, 570, 587. Lutt, Hut. d* ta réforme à Bàle, 81. CEcoiampade à Zwingli, 18 juillet 1526. {Coll. Siml.)
Ocht,y, 607, etc. OEcolampade à Zwingli, 16 avril 1528 et lettres suivantes. {Coll. Siml., XXII.) ' • ' /
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340 HISTOiRE DE LA SUISSE.
Dès ce moiDeiU on prêcha , dans les temples, contre les abominations maintenues à la cathédrale, et dans la cathédrale, sur la sainteté de la messe et sur le crime des novateurs. La cité se partagea en deux camps, qui prirent plus d’une fois les armes. Des deux bourgmestres, Meyer était ami de la Réforme, et Meltinger, le chef des conservateurs. Dans les Conseils, les évangéliques avaient la minorité ; mais sous les armes ils se comptèrent, et ayant reconnu leur force, ils en vinreat à ne plus vouloir de transactions et à demander l’abolition entière de la messe
Meltinger, de,son côté, tenta pour conserver l’ancien culte, un dernier effort Un prêtre monta dans la chaire de Saint-Pierre, pour y foudroyer l’innovation; ses partisans lui prêtèrent assistance, et ils tentèrent de rétablir la messe dans les temples où l’on avait cessé de la dire. Le sénat laissa faire. Alors (ce fut le 8 février 1 529 au matin), huit cents bourgeois se réunirent chez les capucins, et envoyèrent demander au sénat « l’élimination de douze de ses membres, l’introduction de la prédication évangélique dans tout le pays et un meilleur système d’élection ; c’était leur dernier mot » Le sénat dans son anxiété se tourna de tous les côtés ; il écrivit, chercha à gagner du temps et offrit de prendre les Confédérés pour juges Mais les citoyens lui adressèrent un nouveau message : « Vous avez eu trois ans pour délibérer ; nous vous donnons une heure pour prendre une résolution. » Au nombre de 2,000, ils
Rapport d’un inconnu. {Coll. Siml., XXII.)
Lettre d’CEcol. à Capiton, dans Hoilingtr, llùt. eccl., 1, U- 17.
“ Oeh», V. Lutz.
“ Jrelt. Zur„ CXXXIV, 1.