LIVRE Vil. PART. 111.' CIIAP. III
danles avaient éloigné de lui les amis ds sa jeunesse; d’ailleurs il n’était pas non plus partisan des mœurs nouvelles®*. Beer®* n’ayant pas tardé à les suivre, l’université se fût trouvée veuve de sa gloire, si le sénat n’eût appelé à venir en occuper les chaires des hommes aussi distingués qu’étaient Myconius, Phrygio, • Grynæus et Sébastien Munster®®. Des ordonnances réglèrent tout ce qui concernait le culte,' la conservation des pures doctrines et la surveillance des mœurs. Les richesses des cou vens furent, comme ailleurs, employées à faire fleurir la science, à soulager les pauvres, et à subvenir aux besoins de l'État®*. L’opinion publique répondit aux moines qui se plaignirent d’être dépouillés : « N’avez-vous point mis en œuvre l’artifice et les jongleries pour amasser vos trésors? Usez-vous, selon l’Évangile, de ces biens accumulés, et profitentils, en vos mains, au bonheur de la société? » Ces reproches étaient fondés alors ; ils ne tomberont qu’au jour où, dans les pays catholiques, il sera fait pour les infirmes, pour les pauvres, et pour l’éducation, autant que dans les pays protestans.
Nous arrivons à Schaffhouse®®. La défaite de Heinemann et le jugement sévère prononcé sur les tribus des pécheurs et des vignerons, avaient mis obstacle à ce que la Réforme y triomphât, comme à Bâle, par un mouvement populaire. Après la victoire de l’aristocratie, SchafiFhouse prit part avec les cinq Gantons à la dispute de Baden. Ses députés en revinrent affirmant
“ Alhence Rauric<x, 249. Les lettres d’GËcolampade.
** ft-ésideiil à la dispute de Baden.
*’ Oclis, V, fi64, 751. Lufz, CUniversité de Bâte. Alhcna Bnuriar, “ Ochs, V, 575.
Kirehhpfcr, Vie de Si^baüicn }Vognee. Annales de Schajfhoiisi^
que ni les princes ni les gouvernemens ne voulaient de nouveautés et que c'en serait bientôt fait des doctrines des réformateurs. Gomme cependant Ritter continuait à prêcher et le parti de l’Évangile à s’accrwtre parmi les bourgeois, la marche du gouvernement ne tarda pas à devenir incertaine, et bientôt il ne sut que fléchir , chanceler , et répandre les promesses des deux côtés ®®. On rencontrait partout ses envoyés, qui s’offraient comme médiateurs, et semaient des paroles de conciliation. Après la première campagne de Cappel, ces envoyés à leur retour dirent que dans plusieurs Cantons la ferme résolution du peuple paraissait être de maintenir la Réforme. A peu prés dans le même temps il vint à Scbaffhouse des ambassadeurs de Zurich, Berne, Bâle, Saint-Gall et Mulhouse,, pour témoigner à cette ville leur reconnaissance de sa médiation. Les députés de Zurich et de Berne saisirent cette occasion de proclamer le triomphe de l’Évangile, seul fondement du salut pour le temps et pour l’éternité, et ils conjurèrent les Schaffhousois de ne pas résister à la vérité divine ®'''. Quelle fut leur joie de recevoir pour réponse : i< que les bourgmestres et les Conseils ne tarderaient point à abolir la messe et les images®*. »0n loua Dieu qui ne laisse point aller sans récompense l’ouvrier venu à la onzième heure ®*. Selon sa promesse, Scbaffhouse fit enlever, sans désordre et sans bruit, les images des temples. Elle assigna des pensions aux moines et s’empara de leurs hiens. Le Conseil se montra plus prompt à en faire la saisie qu’à subvenir
“ ScbaUbouse à Zarich, 3Q déc. 1537. (Coll. Simt.) Salat.
Le 39 sept. 1539. •
*• j4nn. Sehaffh. Coll, .SVmL, XXIII. SteltUr.
Zurich à Sehaffh., 50 sept. [Arch. Sehaffh. )