LIVRE VII. PART. III. CHAP. III
aux besoins de KÉglise et de l’éducation. La révolution se trouvait accomplie quand se présenta une ambassade des cinq Cantons; on n’en reçut pas moins les députés amicalement et avec de singuliers égards. Dès lors le rôle de SchalThouse devint celui d’une ville de refuge pour les opprimés de tous les partis.
En nous rapprochant des Hautes-Alpes y nous sommes frappés d’un spectacle nouveau, de la vie des landsgemeindes et de la bruyante énergie des orateurs populaires. Nous avons raconté comment Zwingle avait semé à Claris les germes de la liberté él^angélique ; après son départ ces germes languirent sans culture. A Claris, comme ailleurs, il y avait des hommes qui, revêtus du pouvoir, repoussaient tout changement’®. On fut donc longtemps à ne parler des innovations des Zuricois que comme de la nouvelle du jour, plus faite pour provoquer la plaisanterie que l’enthousiasme. Le peuple ne songeait qu'à ses plaisirs. Un jour le bourgmestre, le Conseil et la commune d’ilanz écrivirent au magistrat de Claris : « Nous irons vous voir au jour prochain de la Dédicace”, afin que nos jeunes gens apprennent à se connaître et à s’aimer. Sauter et danser ne vaut-il pas mieux qu’aller à Rome ? il en coûte assurément moins. Comptez d’ailleurs que nous vous amènerons d’illustres fous, qui disputeront comme il est aujourd’hui de mode; et que, le verre en main, ils feront, comme il appartient aux gens simples, des miracles pour l’amendement de la jeunesse. » Ce téméraire langage plaisait aux Claronnais en l’an 1 525. Un an plus tard, il en était déjà différemment. Deux
'• Chronique mon, de V alenlin Tschudi,
Doc. de Tech, ldi, IX.
pasteurs, Fridoliu Brounner à Mollis, et Jean SchindW à Schwanden avaient fait aimer l'Êvangile''^. Cependant les cinq Gantons ayant sollicité de la landsgemeinde une déclaration scellée qu’elle ne se départirait point de l’ancienne foi, ils l’obtinrent sans grande opposition La déclaration fut renouvelée les années suivantes, mais à une majorité moins considérable^*. £n 1 528, trente-trois suffrages en décidèrent. La même année> la règle des jeûnes fut enfreinte à Schwandéo» les images fûrent brisées à Matt, à Elm, à Bettschwanden, et dès dors tout fut en confusion. On n’obéit |dus qu’aux magistrats avec qui l’on avait communauté de croyance. Les partis l’emportant tour à tour ex* cluaient chaque fois de l’assemblée le parti qui leur était opposé. Plus d’une fois les glaives étincelèrent, et pourtant la honte les fit rentrer dans le fouireâu. Enfin le landammann, le sage et éloquent Æbli,réussità faire agréer un projet de médiation, d’après lequel chacun des partis devait nommer quinze délégués, pour conférer des moyens de rétablir la concorde. Ces délégués rédigèrent un plan de conciliation qui fut d’abord soumis à la délibération des communes, puis accepté unanimement par la landsgemeinde. Il portait, « que les images et les omemens d’église seraient conservés partout où la commune ne voterait pas leur suppression à une grande majorité de suffrages ; que chacun aurait le choix de la messe ou du prêche ; enfin que tout prédicateur serait tenu, sous des peines sévères , d’annoncer la vérité mais qu’on punirait avec une sévérité
Chronique de Trumpi.
” Colt, de Tsch. d llheinau.
’* Coll. Siml.. XXI.
Ils se gardlTCiit bien de ta délinir.
Uigilized 'r : Goo^li