LIVRE VU. PART. III. C»AP. III
pareille quiconque l’accuserait de mentir. » On était las de discordes. 11 n’y avait pas dans le Canton de couvent ou de riche établissement qui entretint les inirni-* liés. Les articles suffirent pour faire renaître la paix. ^ Tel est le tableau que Valentin Tscboudi, pasteur réformé de Claris, a tracé d’une main fidèle. Tscboudi avait étudié à Vienne, à Bâle età Paris ; il possédait beaucoup d’instruction, ^iéanlnoins, doux' par camctêre, et jugeant des doctrines par leurs fruits, lil demeura constamment étranger aux disputes du jour et no songea qu'à faire prévaloir la charité. Ilavait dans Jacob Hcer, le curé catholique,, un colléguequi partageait sa manière de sentir. Â la vue des discordes croissantes des Confédérés, et après que les efforts d’un Glaronais eurent empêché que la guerre n’éclatàt entr’eux, il écrivit à Zwiflgle J « Mon père et mon ami, ne sois pas surpris de ce qu’en ces temps où le fils s’élève contre sou père, et le frère contre son frère, je. suive une voie quelque peu différente de la tienne. Voyant que l’éclat de la céleste lumière éblouit les yeux trop faibles, et que les hommes les plus savans et les plus sages se divisent sur la constitution de l’Église, j’ai pris le parti de m’attacher a cette communion en esprit, que l’apôtre appelle le fondement du royaume de Christ. Je ne puis croire à la solidité du nouvel édifice tant que cette pierre angulaire lui manque. 11 me souvient de tant d’églises , jadis llorissanles en Asie, en Afrique et en Grèce, et que l’esprit de secte a dévorées. 11 me souvient du sort d’Icare; et plutôt que de prétendre m’élever au soleil sur des ailes de cire, je cherclte la paix 4vant tout, je la cherche par la voie la plus humble. Voilà mon chemin ; je le suis à travers les contradictions qui m’assaillent de toutes parts. Les uns m’accusent d’avoir renié leur foi, les
autres d’être un pasteur lâche et retardataire. Je les laisse dire, et n’ai qu’une seule crainte, c’est de manquer de compassion pour les faibles ou de laisser s'éteindre le feu mourant de la charité »
L’Appenzell n’avait pas de pasteurs tels que Tschoudi. Mais dès les commencemens, le peuple et le Conseil parurent comprendre le principe du libre examen. Quand ils virent ce principe vivement attaqué par Houter, curé du village d’Âppenzell , ils allèrent aux voix^^, et l’assemblée se prononça à une grande majorité pour la liberté çt la parole de Dieu. S’étayant de cette résolution, Jean Hess allait monter en chaire dans l’égUse d’Appenzell, quand il eu fut empêché par la violence; les vieux-croyans étaient les plus nombreux dans cette paroisse ; Hess dut s’enfuir et fut poursuivi à coups de pierre par des femmes furieuses. Houter, accusé parles hommes modérés d’avoir provoqué l’attentat, dut aussi quitter pour quelque temps le pays. On espéra qu’un colloque mettrait fin aux différends ; mais, le jour de la conférence venu, il ne se trouva pas d'hommes qui pût remplir le rôle de modérateur, en sorte que l’assemblée se perdit en un vain, échange de paroles; survint un essaim d’hommes attachés à la vieille croyance, qui, armés de fouets et de bâtons'^®, dispersèrent en un clin-d’œil les tenans et
'* Schouler, Viede Zmingli, édit., 59, 65.
Ftutli, epp. ab eccl. Ilelv. reform. vel ad cos scriplæ , 63-69. Lettre du 15 mars 1330.
’• fValtlier Klarer, dans la Coll. Siml. de Documens, I, 818. fValzer, App, Chronik, 429. Bitchofberguer, App, Chronik, Salai,
'* • IVo tind die Pfaffen? xoenn haben ste uns genug Unruh gestiftet ? tVir woUen sic us dem Dorf haben, und toundelen die Pfaffen. » = Le 26 avril 1523. La laiidsgcmeindc eut lieu sur la belle plaine qui se trouve entre la Sitter et le cimetière d’Appetucll. [Traducleur.)