‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 164 sur 234 · LIVRE VII. PART. 111. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. 111. CHAP. III

l’assemblée. Dès lors il fallut renoncer à l’espoir d’une paciGcation qui emtirassât tout le pays. Chaque paroisse songea à elle- même et constitua dans son sein le culte pour lequel se prononça la majorité des voix. Des huit paroisses du Canton, celles d’Âppenzell et d’Hérisau demeurèrent seules attachées à leurs curés*®; les six autres se réformèrent. Elles firent disparaître, sans désordre et sans scandale, les usages contraires à l’Ëvangile. Les pasteurs se développèrent promptement, tant à l’école de Zwingle et de Yadian, que par une lutte active contre les vieux-croyans, d’une part, et les anabaptistes, de l’autre. Ils se rangèrent à la discipline de leurs voisins de Saint-Gall. En 1529, une paroisse encore, celle d’Hérisau, embrassa la Réforme**. Restait celle d’Appenzell; elle résolut en 1531 d’appeler un prédicateur qui lui expliquât l’Évangile, et elle envoya à cet effet chercher à Bremgarten Henri Dullinger. Ce fut au moment où la guerre éclata entre les partis. Les envoyés, arrivés dans la plaine, y trouvèrent les populations sous les armes et revinrent sur leurs pas ; en sorte que la victoire de la Réformation demeura incomplète dans le pays d’Appenzell. Les Appenzellois finirent par se partager en deux peuples ; resserrés dans d’étroites limites, chacun d’eux dut s’efforcer de justifier le choix qu'il avait fait en montrant sa religion fertile en bonheur et en vertu.

Dans le pays des Grisons le colloque d’Ilanz, la prédication de Comander, et la publication des articles avaient frayé le chemina la Réformation; mais elle n’avançait qu’à travers une vive résistance. L’évêque, son

Forrcr et Faessler.

‘I A la voix d’Ambroise Blarer, appelé de Constance i y venir prOclier l'Èvangile.

vicaire, et l’abbé de Ste.-Lucie étaient à la tête de ses adversaires On ne consacrait aucun prêtre dans le diocèse sans avoir exigé de lui le serment de haine à l’bérésie®®. En 1525, les menaces des douze Gantons arrachèrent à la Diète du pays la promesse de demeurer fidèle à l’ancienne foi. Mais à peine cette promesse fut-elle donnée , que gouvernans et gouvernés s’a<xx>rdérent à la couvrir de blâme; le bourgmestre de Goire ne voulut point y apposer son sceau, et dès que la Diète fut de nouveau réunie**, les Grisons proclamèrent d’une voix unanime la liberté pour chacun de choisir entre lesdeux communions. Un mois plus tard**, voulant mettre un frein aux menées de l’évêque et à son intervention dans les matières tempo* relies, ils s’assemblèrent de nouveau, exclurent ses employés des délibérations nationales, firent cesser lesap pels devant ses tribunaux, trxneférérent aux communes la nomination à toute magistrature civile et fixèrent les conditions du rachat de certaines charges féodales. Ils ne se bornèrent pas là ; rélection des pasteurs et la charge de leurs pensions furent attribuées aux communes, la sortie des couvens fut déclarée libre, et l'obligation imposée au collège ecclésiastique supérieur de ne nommer aux places vacantes que des hommes du pays**. Les impôts levés par la cour romaine furent abolis. Enfin, pour rendre impossible le retour de la tyrannie,

** Fiasli, Mém., I, 339.

** Salandronius & Vadian, 15 mars 15S6, dans a Porta, Hist. ref. RhœU, 187.

A Davos.

Ij; 25 juin 1526. ( J Porta, 147.)

“ (/évéque pouvait 6tre élranger, mais le Couseil de la Maisoii-Dicu devait avoir part ;i son élection. (A Porta, 150.)

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