‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 168 sur 234 · livre vu. part. m. chap. iv · texte numérisé non relu

livre vu. part. m. chap. iv

ainsi toute scellée lorsqu ils tinrent leurs premièi'es conférences à Beckenried, après l’incendie d’Ittingen *. Ils n eurent plus des lors (ju un but, qu’une volonté, et forts à 1 abri d un vieil édifice, ils attaquèrent vivement une œuvre à peine ébauchée , qui ne ralliait que difficilement ses défenseurs autour d’elle.

Un jour viendra que le catholicisme remportera sur ses adversaires une victoire éclatante. Alors l’évêque de Rome sera véritablement ce qu’il dit être, le représentant du Sauveur du monde. Descendu de son trône élevé , il échangera une vaine pompe contre une couronne de sagesse; il appuiera sa suprématie, non sur une fable usée, mais sur la pratique des vertus les plus humbles, et au lieu de réciter, à la fête anniversaire de la passion du Christ, la bulle aux vingt malédictions®, il bénira 1 assemblée en disant comme autrefois le vieil ami de Jésus : « Mes enfans, aimez-vous les uns les autres. » Alors le protestantisme, devenu sans motif, finira par s’éteindre et disparaître. Beau jour, dont notre siècle est loin , dont le seizième était peutêtre plus loin encore ! On songeait si peu à réaliser cet âge d’or au sein de l’Église romaine qu’il n’y était question que de mesures à prendre pour raffermir l’édifice chancelant. Une Diète s’assembla à Lucerne le 28 janvier 1 525 , dans le but de s’occuper de la réforme urgente des gens d’église. Tous les Cantons, hormis Zurich, avaient envoyé leurs députés à cette assemblée ; les Grisons et le Valais étaient représentés. Après la délibération, on prit à la pluralité

’ Salat, •

"tin cœna Domini. •

( ^1)00 le

des voix !a résolution suivante : « Considérant que le loup a rompu les cloisons de la bergerie, et vu le sommeil du chef du troupeau, nous, l’autorité séculière, tentons d'y apporter remède. Nous défendons le cumul (les bénéfices , la vente des sacremens et celle des indulgences. Nous ne voulons plus que les prêtres trafiquent des dispenses de jeûne ni des permissions de se réjouir le dimanche. Plus de testamens dictés par les gens d’église. Plus de courtisans. Plus d’acquisitions faîtes par des maisons religieuses à l’insu des gouvernemensi Nous nè voulons pas davantage laisser opprimer nos sujets par les tribunaux ecclésiastiques; on ne comparaîtra à l’avenir devant ces tribunaux que pour cas de religion, et tout s’y traitera en langue allemande. Iæs tribunaux civils et criminels poursuivront dorénavant les délits des prêtres sans égard à^leur caractère sacré. Les baillis de nos seigneuries protégeront les pauvres censitaires contre la dureté des percepteurs des couvens. Enfin, sans craindre l’excommunicatroli’ du clergé , nous voulons que ce corps , qui a été jusqu’à ce jour franc de charges et d’impôts, soit mis sur le même pied que tout le peuple chrétien, et ne berce plus notre simplicité par la prétention à des droits dont.il n’est nullement question dans les Saintes-Écritures. » Ces articles, adoptés en Diète", ne l’étaient pas en-

o Salai. Ballinger. Elle prend treize pages in-folio.

“ Cétait un moment d’irritation contre le St.-Siége. Les Cantons (talent vendus à la France, et leurs soldats marchaient à Pavic avec François £•*■. tandis que Zurich, fidèle aux traités, avait, peu auparavant, envoyé des troupes défendre le territoire romain. .Aussi était-ce à Zurich et à Schaffhouse que Clément VII adressait, le 14 février 1S25, ces tendres paroles ; • Nos fils chéris, défenseurs de la liberté de l’Église, les premiers du nom suisse en valeur et en respttct pour le St.- Siège, nos aides en nos nécessités 1 nous pensions dès les premiers jours

Page 1