‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 169 sur 234 · LIVRE VII. PART. III. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. III. CHAP. IV

core par les gouvernemens ; il y eut des Cantons qui refusèrent leur adhésion aux protestations de foi catholique , d’autres au ton de violence avec lequel on combattait les prêtres. Dans des diètes subséquentes on essaya vainement de se rapprocher. Les tentatives d’explication ne servirent qu’à montrer mieux l’éloignement où l’on était les uns des autres. Ainsi échoua un essai de réforme dont l’adoption eût eu pour fruit de rallier les douze Cantons et de laisser Zurich dans l’isolement.

N’ayant pas réussi dans cette voie, les États catholiques jugèrent plus aisé de travailler à purifier l’Église en répandant le sang des hérétiques. L’échafaud fut dressé à Lucerne, au milieu des cris de fureur de Bod- 1er et de Mourner, dans un Canton où une foi aveugle à l’inviolabilité des prêtres protégeait seule leurs scande notre pontificat A renonveler avec vous une vieille amitié, mais les circonstances dn SL-Siége ont absorbé nos soins. Une triste nonveUeest ensuite venue nous affliger. On nous a appris que des hommes impies vous avaient enseigné à mépriser la piété, le culte du Dieu de vos pères et les doctrines de la religion; que vous étiei déchus de votre gloire et de votre respect pour leSt.-Siége, séduits par des hommes que Satan mène, gens sans frein et sans pudeur, qui mettent leur interprétation des Écritures au-dessus de la voix des siècles. Qui sont-ils pour se comparer aux Augustin, aux Cyprien, aux Jérôme S’ils se reconnaissent inférieurs à ces saints, qu’ils se gardent donc de répandre leurs hérésies. Groyez-cn votre pasteur, que touche l’intérêt de votre salut. Croyei-en notre frère Ennius, que noos vous envoyons. C’est un homme qui n’est jamais las de raconter Ics.faits de cette nation invincible, et qui, malgré le poids de l’âge et des travaux, se réjouit d’une négociation qui vous a pour objets. Ses soins vous rendront la paix, que les dangers de la chrétienté rendent nécessaire, et qui ne peut venir que de Dieu et d’une manière uniforme de l’adorer. Revenez â l’exemple de vos pères. Revenez à nous , et vous reconnaîtrez que le soin de votre gloire et de votre félicité ne nous est pas moins cher que si vous fassiez sortis de nos entrailles. • Sadolel.

( Note du traduetear).

dales contre la justice vengeresse des lois La première victime que l’on sacrifia fut ce Hottinger, que les Zuricois avaient banni de leur ville pour avoir le premier renversé une croix. Il fut saisi dans le comté de Baden, où il proclamait à haute voix ses croyances, traduit à Lucerne, et condamné à perdre la vie comme blasphémateur. «A mort! A mort! prononça le Lucernois Am Lehn, et si sa tète une fois coupée reparaît sur ses épaules, nous nous rendrons au miracle, et nous nous convertirons. » Hottinger offrit avec calme sa tête au bourreau **. Peu après eut lieu la condamnation de Wirth que nous avons rapportée. L’année suivante Messberg fut noyé pour avoir mal parlé des moines; Nagel fut brûlé vif comme Zwinglien; Krusi, comme accusé d’anabaptisme Dans le même temps, deux hommes furent livrés aux flammes, à Schwyz, et un troisième en Thurgovie pour avoir attaqué les cérémonies de l’Église Le moindre acte ressemblant à l'hérésie était cruellement puni. Et plus la Réforme faisait de progrès, plus les cinq Cantons se montraient impatiens de l’étouffer dans ses germes aussi loin que leurs bras pouvaient atteindre.

Quand arriva l’époque ordinaire de la prestation du serment fédéral ( ce fut peu après la dispute de Baden), la plaie de la Confédération se montra au jour. Les cinq Cantons entraînèrent Fribourg et Soleure, et ils se pro-

Voyez la lellre dn doyen Schcrer au vicaire de Constance, 21 ocl. 1527. (CoH. SM.. XIX.)

** Ballinger,

En mai et juillet 1525. Balthasar, Becueil de documens pour servira Chistoire de la Suisse catholique. ( Dans les manuscrits de la Bibliotb. des bourgeois à Lucerne, n. 69.) fraiser, Appenz. Chr., 440.

“ Ballinger. Miscell. Tig.. II, 32. A. Z, S. D’autres supplices, dans les années suivantes, se trouvent relatés dans le recueil de Balthasar.

Page 1