‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 170 sur 234 · LIVRE VU. PART. 111. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. 111. CHAP. IV

mirent de ne renouveler l’alliance ni avec Zurich , ni avec Bâle, ni avec St.-Gall et Mulhouse. Ils ne consentirent à jurer amitié à Berne, à Claris, à SchafFhouse et à Âppenzell qu’aprés que le député zurieois se fut retiré de l’assemblée

Il faut dire toutefois que Fribourg et Soleure, bien qu’en cette circonstance elles se présentassent unies aux cinq Cantons, n’étaient pas à l’égard des Réformés dans une position aussi hostile qu’eux. Le gouvernement fribourgeois avait, il est vrai, préparé de bonne heure un bûcher pour y brûler les livres de Zwingli et de Luther. Il avait vu avec satisfaction les États du Pays-de-Vaud prendre une mesure pareille”. Il avait étouffé , dès leur origine, les premiers , les faibles germes de la Réforme, et tout le pays avait juré fidélité à , la vieille foi ** ***,’*. Mais cette facilité même avec laquelle un Conseil unanime et un clergé dépourvu de science*® triomphèrent des innovations, modéra leur zèle à les combattre au-dehors. D’ailleurs les affaires de Genève et de Savoie exigeaient que l’on ménageât Berne. On

** Protoc, Zur. Sappl. Salat, Stockar. Ballinger. Sleitler. B, H'eisê , dans Fustli, IV. Pal. Tachudi. Lettres de Schaffhouse à Zurich , dans la Coll. Siml, Keaaler, Sahbatha.

Le 23 mai 1525. Extrait des registres des anciens états du Pays-de- Vaiid. Bûchât, I, 507.

“ Après la dispute de Berne, en 1528. Uolihalb.

Un chef de la république fribeurgeoise, M. d’Âlt, dans son histoire des Helvétiens (VH, 445) a pu dire plus tard : « Jamais il n’y eut dans cette ïille aucune étincelle de la nouvelle doctrine, et l’on espère que par la miséricorde de Dieu, il n’y en aura point dans la suite. Jamais le pasteur, d’illustre famille, qui occupe avec honneur le siège épiscopal de Lausanne, ne souffrira que dans une ville toute catholique l’on profane le culte de Dulie pour un gain déshonnête, propter turpe lucrum, comme on dit dans les écoles. »

« Biichal, III, r. 3.

n’osa empêcher les bailliages que les deux Cantons possédaient en' commun , d’aller aux voix pour ou contre la Réforme. Morat et Schwartzenbourg se réformèrent dès l’an \ 530 Grandson lentement et plus tard ; Écballens demeura mixte

A Soleure , les hommes attachés aux anciennes croyances l’avaient emporté, mais leur victoire était demeurée imparfaite. Plusieurs jeunes gens de nobles familles, des membres du Conseil, et même un des avoyers**, plaidaient avec chaleur pour les doctrines évangéliques. On ne tombait d’accord que pour prendre des mesures douces et dilatoires. Après la dispute de Baden, le sénat proposa de maintenir l’ancien culte jusqu’à ce qu’un concile chrétien en eût amené la réforme eu que les deux Conseils l’eussent établie de concert. Un article du projet assurait la liberté de conscience. Mais, chose singulière, ce fut le Grand-Conseil qui la rejeta ; et le parti catholique continua de l’emporter jusqu’au jour où les guerres de religion éclatèrent^^.

Telles étaient les dispositions des esprits dans les pays catholiques, quand les Zuricois y accrurent l’irritation en sévissant inopinément contre quelques-uns de leurs citoyens accusés d’être pensionnés par l’étranger. Zwingli, en combattant avec succès ce genre de corruption , s’était fait, à Zurich aussi bien qu’ailleurs, des ennemis implacables. Peut-être l’issue du colloque de Baden leur rendit-elle quelque espérance. Ils recommençaient

On vota en présence des députés de Berne et de Friboni^. Lettre à la commune de Kerrers, du 30 déc. 1330. (Mias. dans les Areli. Bem. )

« Jtttchal, III.

“ Hans Slâlli. Son collègue Kerre Ilébolt était violent papiste.

Gloutz, sur la Réforme à Soleure, dans le Musée suisse de 1816.

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