‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 171 sur 234 · UVRK VU. PART. 111. CHAP. IV · texte numérisé non relu

UVRK VU. PART. 111. CHAP. IV

à agiter les campagnes , quand le gouvernement fit tout-à-coup saisir trois d’entre eux , Jacques Grebel, OnopbrioD Setzstab et Jean Escher Le délit d’Elscher ne put être prouvé. Grebel , ayant dû reconnaître qu’il avait reçu de divers côtés des sommes considérables, se montra trop indifEérent ou trop fier pour implorer grâce et il eut la tète tranchée. Setzstab par son adroite et naïve loquacité obtint que la peine de mort fût commuée pour lui en celle du bannissement. Suivit une loi sévère, qui défendit de nouveau les pensions et les enrôlemens pour l’étranger

Le mécontentement fut grand dans la Confédération. Leorime de Grebel était celui de mille personnes. Plusieurs, ayant siégé avec lui dans les Diètes, se rappelaient son noble visage , sa gravité , la prudence de ses conseils. On leur dit que le vieillard , au moment où il montait sur l’échafaud , ne pouvait croire encore à la possibilité de sa condamnation. Leur haine était attisée par des prêtres et des moines fugitifs. « Il faudra donc, s’écriaient-ils, que rang, honneur, religion, tout devienne la proie d’un démagogue sorti de lÿ,ÿig!ussière. Il ne sera plus tenu conqpte des services ni du sang versé pour la patrie. Le paysan sera mis à l’égal du chevalier. Et tout se jugera selon le caprice d’une multitude envieuse et mobile à tout vent, gouvernée elle-même par des prédicateurs grossiers , ennuyeux

En aulomne 1526. Les portes de la ville furent plusieurs jours fermées. Ballinger. A. Z.

Zwingli à Vadian, 7 mars 1526. Coll. Siml. A. Z. Fuasli, IV, 71.

■ Bien qu’en état de contumace , ne suis-je pas venu manger mon bien, qui est considérable, dans la ville natale? etc. • Il avouait avoir servi tout le monde, • mais toujours honnêtement. «

Ballinger.

Ulyiji/

et pleins de bouffissure » On fit voir au peuple que Zurich avait couvert de mépris tout ce qu’il y a de saint et de sacré. Uri défendit le cours de nouvelles monnaies zuricoises, alléguant que le pillage des églises en avait fourni la matière®®. Mais rien ne montra mieux la haine que l’on portail au chef-lieu de la Réforme que la joie avec laquelle fut accueilli le calendrier de Moumer ®‘. Il n’est pas d’injure grossière qui n’eût trouvé place dans ce livre. Sur le frontispice était représenté Zwingli, pendu à un gibet, puis on lisait: « Almanach des sacrilèges hérétiques évangéliques et luthériens ; » et Mourner finissait en déclarant tous les réformateurs des scélérats , qu’il fallait brûler, pour faire monter la fumée de leur holocauste au nez du diable.

Quand Berne, par une pente insensible, en fut venue à ordonner un colloque, et lorsque les suites de cette conférence se manifestèrent puissamment chez les Confédérés, c’est contre elle, la cité naguère si haut réputée , que se tourna la fureur des cinq Cantons et la colère de Mourner : « Quoi ! s’écria-t-il le droit canon ne déclare-t-il pas tous les hérétiques gens déshonorés et criminels à traduire en haute justice ? Berne a donc renoncé à tout droit et à tout honneur; la Confédération est déliée ; les sujets de la république sont déliés; ils sont déchargés de toute obéissance envers des

Ballinger. Coll. Siml.

Fussli, IV, 73. Salai. Zoug en Gt faire des vases sacrés pour les rendre it un saint usage. Kirchtiofer, fV. Steiner.

** Sehmachkalender. La joie de Salat, qui pourtant était loin de se croire du peuple, se lit en son chapitre intitulé ; • Der Marner etichi den Zaricher Calender mil der Sauw. •

** Dans l’écrit intitulé : • Mie trürt an^eteigl das unchriallich FrevcL einer loplichen herrsehajfl von Bern. »

^ üiaitizcxj by Gooslf

LIVRB Vil. PART. III. CHAP. IV. 363

chefs, coupables de ce que n'osent même les plus grands criminels , de ce que dans tous les âges on a puni par la potence et par le feu. » Le venin de ces paroles était répandu dans des publications nombreuses. Jusque dans des actes publics , les Bernois étaient nommés violateurs des alliances. Et comme on disait hautement que le parti de la Réforme ne l’avait emporté que par une ruse infernale^*, les esprits étaient portés à croire qu’il y avait un devoir de fidélité à travailler à son renversement.

Survint un événement®* qui parut être un appel aux esprits ainsi disposés. Entre les lacs de Thoune et de Brientz était le riche couvent desAugustins d’Interlacken, dont la domination s’étendait sur la contrée environnante , et jusque sur les vallées de Lauterbrounnen et de Grindelwald. Les religieux , par leurs mœurs et leur mauvaise économie , s’étaient mis à la merci de leurs administrés. Ils furent saisis de peur quand ils entendirent murmurer à leurs oreilles ce qui se répétait alors de vallon en vallon, que les moines étaient inutiles, que , selon les Écritures , ils ne pouvaient être seigneurs temporels , et d’autres propos de liberté chrétienne, telle que l’entendait un peuple grossier. On disait aussi que le moment était venu pour l’Oberland d’être un Canton comme Uri et Unterwald. A l’ouïe de pareils discours , le prieur ®®, pâtre ignorant du Sim-

Salut, entr’autres au chapitre ; • llie merkt man noch die alten Stôck zu Bern, • — lloUhalb.

’* Les faits suivans sont estraits de llohhalb, qui lui-même a puisé tout aux documens originaux de Myeonius, • de tUmuItu Bernensium intestino; • des déclarations opposées de Berne et dXInterwald {A. Z. CVI, 4); des documens de Tsebudi i Rlieinaii, III; enfin de Ballinger et du journal du capitaine Schanbrounner de Zoug.

Nicolas Trachscl.

menlhal, s’effraya , et courut à Berne remettre au Conseil le couvent , les titres , les joyaux , tout en échange de modiques pensions. Un bailli fut nommé pour prendre sa place.

Ce fut le 30 mars i 528 que le prieur fit cette démarche; il ne l’eut pas plus tôt faite qu’il fut en proie aux regrets. D’une autre part, les Oberlandais s’émurent, et enhardis par les propos des gens de l’Oberwalden , qu’il leur arrivait fréquemment de rencontrer dans la vallée voisine du Hasli, ils se levèrent et occupèrent le couvent. L’occupation fut un pillage. Ivres, hors d’eux-mêmes , ils allèrent détruire l’écluse où venaient se prendre par milliers les poissons de l’Aar. Le bailli nouvellement installé , des notables , venus de Thoune et d’Unterséen, et l’avoyer même de Berne, accouru avec une députation, n’échappèrent à leur fureur que par une prompte fuite. Berne fut consternée. Il n’était bruit que de mouvemens des catholiques Les Conseils s’assemblèrent le 24 avril à minuit. La défiance s’assit avec eux. Portant ses regards sur l’assemblée, « j’en vois ici, dit Tremp, qui ne demanderaient pas mieux que de laver leurs mains dans le sang évangélique. » Tous cependant comprirent que le moment exigeait de l’accord et de l’énergie. On demanda donc la surveillance fédérale à Zurich , des troupes à Fribourg et à Soleure, et l’on envoya des députés du gouvernement dans tous les bailliages du Canton pour inviter les communes à manifester leurs dispositions. Le trésorier Hubscbi et le banneret AVillading furent envoyés aux rebelles ; on savait qu’ils

A Araii. à Zofiiigiirn , à Fruligui’ii, rluiis le lliiiil Siiiimenllial. On disail que les coiivcns de Fricnishoig et de CioUsladl avaient (•lé cnïahi.«.

Digilized by GoogU

Page 1