‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 173 sur 234 · LIVRE VII. PART. III. CIIAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. III. CIIAP. IV

à l’antique et vénérable Église. « A ce langage, les partis se divisèrent plus que jamais.

Berne fit alors partir une dernière et solennelle ambassade , en la chargeant de se rendre d’abord dans rUnterwald, puis au Hasli. A Sarnen, l’avoyer d’Erlach s’avança en tête de la députation ; il déclara la volonté de son Canton de demeurer fidèle aux traités, se plaignit de la part que les Obwaldiens avaient prise aux troubles de l’Oberland , et déclara que, si l’on persévérait dans des voies ennemies, Berne saurait, avec l’aide de Dieu, déployer ses forces. On lui répondit, c< que les traités avaient été jurés par les Saints, par ces Saints que Berne vouait au mépris. « D'Erlach répliqua : « Les traités subsistent indépendamment des croyances et ne les enchaînent pas. » — « Eh bien , lui dit-on , iis nous laissent libres aussi d’intervenir en matière de foi; et nous userons de ce privilège aussi souvent que nous serons invités à défendre le vrai Christianisme, tel que nous l’avons hérité de nos pères. » Ces paroles exprimaient l'opinion du peuple ; aussi ne resta-t-il aux députés d’autre parti à prendre que de repasser promptement la frontière. Ils se rendirent au Ilasli. La landsgemeinde s’y trouva accrue d’une foule d’hommes attachés à l’ancienne croyance, accourus d’Interlacken, du Grindelwald, et même de Froutiguen et du Simmenthal. L’assemblée s’ouvrit si tumultueusement qu'il ne fut pas même possible aux députés de se faire entendre. Ils ne furent présens que pour voir nommer aux charges les chefs du mouvement, et pour entendre en quelque manière proclamer l’indépendance de la contrée. Les amis du gouvernement furent réduits à fuir. A mesure que se répandit la nouvelle de ce qui s’était passé dans l’Obwalden , la

fierté et le nombre des insurgés alla croissant. Après quelques semaines de désordres et de violences , ils s’assemblèrent à Interlacken, jurèrent d’un commun accord fidélité à l’Église, s’engagèrent à ne reconnaître pour arbitres ou pour juges que les sept Cantons de l’ancienne Confédération, et se promirent les uns aux autres assistance et dévouement.

11 était temps que Berne s’éveillât^'. Elle rassembla ses guerriers; des auxiliaires de Rienne, de Neuchâtel et de Lausanne vinrent grossir leurs rangs; Zurich et Genève promirent des renforts à la première requête ; Soleure et Fribourg refusèrent nettement de prendre les armes pour leur vieille alliée, mais elles se joignirent à Bâle et à Lucerne pour lui ofirir leur médiation. Les premiers mouvemens eurent pour objet la conservation de Thoune, où Manuel réunit les Oberlandais demeurés fidèles. De leur côté les Obwaldiens coururent, au nombre de 800, se réunir aux insurgés. Leur bannière était portée par un neveu de ce Nicolas de Flue qui avait apparu à la Diète de Stantz comme un ange de paix. A leur arrivée, un cri de guerre retentit dans rOberland. Tous arborèrent la branche de pin et la croix blanche des Obwaldiens; bientôt un essaim confus de 3,000 hommes, commandé par Henri ab Planalp, vint s’abattre sur Interlacken et sur Unterséen.

Manuel, voyant cette multitude s’approcher, appela avec anxiété l’armée bernoise à son secours. Celle-ci était retenue par la mauvaise volonté de la tribu des bouchers, à qui il appartenait cette fois de déployer la bannière , et qui lui fit perdre trois jours. Un coup

** Voyei Haller à Zw., 7 el 26 oct.

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