CHAPITRE I
Les bailliages commuos. — Thurgovie, 24 .ivril 1529. — Le V;il de Ste.-Catherine. — Le Rheinthal , 14 janvier 1529. — Sargans, Gaster et Utznach. — Les bailliages libres, 2 févr. 15ü8 18 mars 1529. — Badeii. — La combonrgeoisie chrétienne, 25 décembre 1527, 2 février et 25 juin 1528. — Négociations des cinq Cantons avec l’Autriche, I" janvier et 30 avril 1529. Les envoyés de la Confédération , 1", 4 , 6 et 12 mai. — Zurich se prépare à la guerre.
Quelles que fussent les haines des partis, et quelque déchirement qu’elles eussent opéré, la paix eût pu se retrancher encore derrière un sentiment national de justice , et sur le droit reconnu à chaque Canton d’agir en souverain dans les limites de son territoire. Nous venons de voir ceux d’entre lès Confédérés qui étaient le plus étroitement unis à l'Cnterwalden , reconnaître que son irruption dans l’Oberland avait été une violation du droit. Mais l’heure était venue où la Suisse devait expier une faute grave, commise un siècle
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auparavant. Les hommes libres avaient vouhi avoir des sujets. Ils avaient méconnu la nature des républiques et abandonné le principe sous l’empire duquel ils jouissaient eux-mêmes de la liberté*. C’est par des railleries qu’ils avaient accueilli le mot d’un brave d’Uri ; H Ne nous ingérons point dans une domination à laquelle nous n’avons aucun droit^. » Depuis lors des gouverneurs avides et orgueilleux allaient d’année en année, avec un cortège immoral et grossier, prendre possession d’un règne temporaire ® ; les bailliages avaient la charge d’entretenir leur luxe ; et il était devenu difTicile aux Cantons de s’entendre sur la possession à l'amiable d’un bien qui avait cessé d’être improductif. L’harmonie devint plus difficile encore à conserver quand, dans les pays sujets comme ailleurs, les deux systèmes religieux se trouvèrent en présence. Il en naquit des conflits, dans lesquels il faut chercher la cause immédiate de la guerre que nous allons voir éclater. Le moment est donc veuu de montrer la Réforme pénétrant dans les bailliages sujets.
Le plus important de ces bailliages était la Tburgovie. La multiplicité et le croisement des droits en rendaient l’administration fort difficile. Le peuple était attaché au service mercenaire et à la vie d’aventures comme nulle part ailleurs. Des gentilshommes appauvris, à qui uii gouvernement de pâtres était insupportable , conservaient à l’Autriche une vieille affection et la servaient par des enrôlemens et par des
* • Variété des formes dans l’unilé d’nn principe universel, c’est la loi de nature. • Muller. Ce principe n’cst-il pas, pour des Confédérés, celui de la garde par tous des droits de chacun d’entr’eux?
= Muller. IV, 237.
' De deux ans dans tous les bailliages.