‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 176 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CHAP · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CHAP

avis. Frauenfeld et Diessenhofen travaillaient à étendre leurs privilèges. Les baillis ne savaient déployer ni ca{>acité , ni fermeté , et ils laissaient d'odieux favoris gouverner en leur nom L’agitation était si grande en'Thurgovie que, l’an 1525, les communes trouvèrent soixante-neuf griefs à présenter aux Cantons souverains Elles se plaignaient de l’évêque de Constance , des couvens, des justices; elles demandaient la prédication de l'Évangile, et à l’exemple des paysans, alors révoltés, de l’Âllemagne, elles requéraient encore d’autres libertés. Le bailli déposa sa plainte à son tour^; il accusait les Thurgoviens de s’entendre secrètement avec les Zuricois, leurs voisins, de faire gras tous les jours , et de nourrir des pensées d’indépendance. Quelques-uns d’entr’eux avaient fait le vœu de laisser croître lejur barbe jusqu’à ce qu’ils eussent vu se lever le jour de la liberté. Le bailli voulait-il punir, l’obéissance lui était refusée. On avait été jusqu’à pendre une figure de Juif à sa porte, et jusqu’à le frapper lui-même avec violence. Il déclarait la Thurgovie perdue si l’on n’y mettait bon ordre. Les Cantons, Zurich excepté, lancèrent de sévères menaces, interdirent toute innovation , et donnèrent plein pouvoir au bailli La terreur ramena l’ordre jusqu’après la dispute de Berne : mais alors les Thurgoviens recommencèrent à prêter l’oreille aux suggestions des Zuricois^. Enfin ayant

‘ Protocoles des Diètes, dès le commencement du siècle. A. Z. Myeonin,

‘ Frauenfeld, 11 mai 1525. A, Z. S.

* Ëinsiedein, 10 janvier, et Lucerne, 29 août 1525. Ibid.

’ Le 22 sept. (CoU. SimL, XV.)

‘ Les Zuricois saisirent à son passage h /.iiricli le landweihel Wcerli, (pii par ses mosmes sévères avait, bien plus que le boilli , niain[''ini la

reçu d’eux des promesses positives d’assistance^, ils se déclarèrent pour les doctrines nouvelles avec une telle unanimité qu’il n’y eut bientôt , dans tout le pays, que neuf gentilshommes qui hésitassent encore à embrasser la Réforme.

L’irritation des cinq Cantons fut d’autant plus grande qu’ils formaient la majorité parmi les états propriétaires de la Thurgovie. Bientôt on leur donna de justes sujets d’indignation, en procédant par la force brutale contre tout ce qui résistait au mouvement des esprits. Un trait servira à faire comprendre comment on s’y prenait La vallée et le couvent de Sainte-Catherine étaient renfermés dans les justices de Diessenhofen ; or, les citoyens de la petite ville s’étant réformés, ils jugèrent que les religieuses devaient adopter aussi la Réforme. Cette conviction n’était pas celle des sœurs. Que firept les bourgeois? Dans leur colère, quelques-uns d’entr’eux prirent la hache en main et se portèrent sur le couvent, qu’ils allaient forcer, quand le Conseil réussit à les retenir. On se borna pour cette fois à priver les religieuses de leurs chapelains et à leur interdire leur culte. Trois d’entr’elles , parmi lesquelles était la prieure du couvent, s’enfuirent de Schaffhouse , emportant les titres de la maison , et elles ahandonpérent leurs compagnes à la plus cruelle angoisse. Celles-ci reçurent d’abord la visite de députés de Zurich , Berne , Glaris et

Thurgovie dans la terreur, et ils le mirent à mort. Les Cantons catholiques, ayant la conscience des violences qu’ils avaient enx-mëines commises, n’osèrent se plaindre. t'ussli, Mém,, 8i.

“ Werdmuller è Zw., 26 déc. 1528 {Coll. Siml, ), cl J. Z, DCXI, î.

Extrait du narré fait par la prieure du couvent, et conservé è Aheinau.

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