‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 181 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CHAP. I

prit qu'aprés que le Ger et insolent Bernois se fut éloigné. On s’occupa alors à concerter une opposition. Berne, de son côté, exécuta sa menace. Elle accéda à l’alliance chrétienne®® et conclut bientôt^prés un second traité avec Zurich pour protéger dans les bailliages communs la libre prédication de l’Évangile Les deux cités ne se mirent point en peine des reproches de l’Autriche, avec laquelle ils savaient que les Cantons négociaient un accord Constance publia son manifeste de défense, adressé à l’Empire et à l’Empereur. Berne songea à se délivrer du joug de l’alliance française; ce fut l’objet d’une délibération solennelle des conseils, de la commune et des députés de tous les districts du pays, qui jurèrent d’un commun accord de renoncer pour l’avenir aux présens et aux pensions de l’étranger®®. Vers la Gn de l’année, St.-Gall fut admise^® à l'alliance de combourgeoisie chrétienne, et Bâle, Bienne et Mulhouse y entrèrent au commencer ment de l’année suivante.

Cependant les Cantons catholiques ne méconnaissaient pas les dangers dont les progrès de la Réformation les menaçaient. Berne, leur principal appui, venait de leur être inGdéle, l’influence de Zurich allait croissant dans la Thurgovie et le Rheinthal ; les soulèvemens du Toggenbourg avaient montré combien le pouvoir de l’abbé de St.-Gall était précaire; les Grisons penchaient vers la Réforme, et il devenait pos-

»• Siettler.

” Bulliiiger. A. Z,. DCXl. l.

*• A. Z. GXVII, 1 , pièce du 8 février, et DCXI, 1 , pièce du 24 février 1528.

*’ Le 24 août 1528. ( fVerner Sitiner.)

Sa j«ie est exprimée dans une lettre de Berne 4 Zurich, du 22 sept 1528. (Coll. Siml. XXL;

IliSTOIRK DE LA SUISSE.

siblequeles bailliages italiens se laissassent entraîner sur la même pente lorsque Berne et Zurich y enverraient à leur tour des gouverneurs. Les cinq Cantons allaient ainsi se trouver cernés de toutes parts, et en cas de guerre ils eussent été exposés à la plus affreuse disette par la facilité qu’il y eût eu à leur intercepter les vivres. Cette situation explique leur conduite. Elle fait comprendre le plaisir qu’ils prirent à voir Jacques Médicis jeter l’effroi dans la Rhétie , l’alliance qu’ils contractèrent avec le Valais^*, et le motif pour lequel ils commencèrent à avoir recours à l’Autriche. Leur négociateur auprès de cette puissance fut l’abbé de Ste.-Lucie. Cet homme intrigant avait fait partie d’une ambassade qui avait apaisé, mais d’une manière désavantageuse pour les Grisons leur différend avec Médicis ; il s'était lié à cette occasion d’une amitié étroite avec cet aventurier et avec son frère, Jean Ângelo, qui dans la suite fut pape sous le nom de Pie IV Se' trouvant ensemble, ils formèrent le plan d’arracher à Paul Ziegler le siège épiscopal de Coire pour le donner à Angelo. Cette conquête faite, les deux frères, forts de l’appui de l’Autriche, ne devaient pas avoir de peine à abaisser les Grisons , à étouffer chez eux la Réforme, et à recouvrer les droits du siège épiscopal. Il se présentait une circonstance propre à faciliter l’exécution de leur projet. Dietrich

“ Ils y étaient portés dès le commencement de la Réformation, comme nous 1e verrons plus tard.

“ Le 25 nov. 1528. [Doc. de Tsehudi, IX.)

“ Ils durent abandonner le siège do Ghiavenna et racheter leurs pri. sonniers, indignement maltraités, au prix de 11,000 ducats. Sprechtr, Patlat Rhetica, IV, 1 28. ' ,

“ Après avoir été évéque de Ragtise.

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