‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 185 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CHAP. U · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CHAP. U

partiels, ou un repos motnenlané , ne doivent pas être pris pour la victoire définitive de la grande cause de la liberté et de la foi, et qu’à défaut d’une résistance ferme, unanime. et bien concertée, les esprits sont menacés de retomber sous une servitude nouvelle. Serions-nous surpris qu’il eût eu cette pensée ? Eb ! ne voyons-nous pas, au dix-neuvième siècle, des hommes que déguise mal le masque jésuitique projeter l’oppression de la science, d’autres échanger le laurier et l’épée du capitaine pour le rosaire et l’aspersoir? n’en avonsnous pas entendu soupirer après l’inquisition et après une Saint-Barthélemy nouvelle? Il faut ne pas l’oublier pour comprendre que le fidèle serviteur de Christ ait pu devenir le promoteur de la guerre dans sa patrie. 11 avait à faire choix entre deux manières d’agir ; celle d’abandonner à Dieu, avec résignation, la défense de son Evangile, et celle de s’engager dans la lutte. Son esprit républicain , formé à l'école de Rome et de la Grèce, saisit avidement cette dernière voie. Dans toutes les occasions où il ne se sentait pas lié par les préceptes positifs de son Maître, il se plaisait à déployer ses qualités guerrières et son habileté comme homme d’état. Nous avons encore de lui un plan de campagne', conçu, à ce qu’il parait, l’année où les Zuricois furent exclus de l’alliance des Confédérés. Il y trace la conduite à tenir envers chacune des puissances, envers chacun des Cantons et à l’égard des pays sujets; il traite ensuite du choix d’un capitaine, de l’emploi des diverses armes , des ruses de guerre, et de l’avantage qu’il y aurait à prévenir l’ennemi et à le surprendre ; il termine en déclarant qu’il n’écrit que dans la sup-

' I);ms la Ijibliolhc'qiic (les cli.nioiiic.s (te Zuridi,

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|K)silion que le pays peut avoir à songer à sa défense, tout le vœu de son cœur étant pour la paix. Mais les chances de pacification allaient diminuant, à mesure que les plans des Cantons catholiques se développaient et que les tentatives de conciliation échouaient les unes après les autres ; bientôt Zwingli en vint à croire que le seul moyen d’obtenir une paix réelle était de la conquérir par une brusque démonstration d’hostilités. Dès que cette persuasion fut devenue la sienne , il s’efforça de la communiquer au gouvernement zuricois^. Ses amis de Berne l’en ayant blâmé, il leur répondit * : « C’est une guerre que la paix dont plusieurs se font les avocats , et la guerre , telle que je la veux, est une paix. Il n’y a aucune sûreté pour les amis de l’Évangile tant que les soutiens de la tyrannie n’auront pas été abattus. Ne perdez |)as confiance en celui qui tient ce langage; il méritera que vous la lui conserviez. »

La Réforme s’était opérée à Zurich par le secours

du Grand-Conseil. Une résolution vive et généreuse

avait dû naître au sein d’un corps nombreux et facile

à émouvoir, bien plutôt que dans un sénat , composé

d’hommes habitués à calculer, à prévoir, à tout peser

avec sang-froid, et à jeter fréquemment leurs propres

intérêts dans la balance des intérêts nationaux. Mais

une fois la résolution accomplie , il importait que le

gouvernail de l’État fût remis de nouveau à des mains

exercées et qui sussent le conduire à travers l’orage.

Il fut donc résolu, vers la fin de l'an 1527, que l’assem- *

’ Arch. Zar. En plus d’un lion.

’ Ad amkos Bernonso.s, 30 mai 1529. {CoH. Siml., XXllI.) Kilo so Iroiiu" dans Adam, l'iltr Iheolo^.

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