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LIVRE VU. PART, IV. CHAP, II

blëe tumultueuse du Grand-Conseil, qui se tenait tous les jours , n’aurait plus lieu qu’une fois la semaine. Le sénat rentra ainsi dans son autorité. Pour qu’il ne pût en abuser, on procéda (après avoir entendu sur le sujet un vigoureux sermon de maître Ulrich * ) à l’épuration de la magistrature. A cette occasion tous les membres des Conseils furent appelés l’un après l’autre à faire leur profession de foi^. Le Conseil secret fut formé des amis les plus chauds du nouvel ordre de choses. Zwingü prenait d’ordinaire part à ses délibérations. A la nouvelle du supplice infligé à Kaiser, il obtint que Zurich fermât ses marchés à Schwyz'’ et renonçât à l’alliance de ce canton. Peu après on apprit (|ue les Unterwaldicns se préparaient à amener leur bailli à liaden avec bonne escorte; on voulait la guerre : c’en fut assez pour qu’on courût aux armes.

On traça promptement un plan de cam|)agne. Cinq cents hommes occuperont Bremgarten, et se porteront sur le couvent de Mouri, s’ils apprennent l’approche des Unterwaldiens; quatre cents hommes prendiont position sur la frontière de Schwyz; un pareil nombre ira prêter main forte aux gens du Gaster et du Toggenbourg , et aux Réformés de Claris; le bailli de Kyhourg parcourra la Thurgovie et le Rheinthal avec quatre cents hommes aussi ; il y recevra l’hommage des hahitans, et leur promettra qu’ils ne rentreront que de leur plein gré sous la souveraineté des cinq Cantons. Le principal corps d’armée s’assemblera à Zurich, et au premier mouvement de l’ennemi, il marchera sur

* Sur Isaïe. 80. D. clans Fiasti, IV. 90.

“ ly erner Stiùiier, Chronique manusevUe. Heni, tV ci».

• Z. DCM, 9.

CappeP. On écrivit à Berne : i< 11 est trop tard pour parler de modération, car nous savons, à n’en pas douter, qu’Unterwald arme pour amener son bailli à Bremgarten et ne se met point en peine de votre protestation solennelle. 11 ne reste qu’à unir nos drapeaux. Ne déclarons pour le moment la guerre qu’à l’Unterwald, et invitons les autres Cantons à exercer sur lui la surveillance fédérale. S’ils s’y refusent, nous leur fermerons nos marchés et nous enlèverons aux Unterwaldiens tout ce qui peut leur être enlevé. Réunissez, à cet effet, trois à quatre mille hommes dans le Ilasli*. «

Berne était loin de partager cette belliqueuse ardeur. Elle espérait encore en la médiation de Fribourg et de Soleure, et elle eût voulu qu’on épuisât toutes les voies de droit ; aussi se plaignit-elle amèrement de ce que son alliée la compromettait par la précipitation de ses démarches®. Mais déjà les Zuricois étaient de toutes parts entrés en campagne'®. Une avant-garde s’était avancée jusqu’à Mpuri, et elle y avait été renforcée par cent citoyens de Bremgarten , du nombre desquels était Henri Bullinger, à qui nous devons une description animée des scènes de cette expédition. D’autres divisions étaient parties pour se rendre à l’extrémité du lac , à Ruti et dans la Thurgovie. Dès qu’on eut appris que les cinq Cantons faisaient des préparatifs de défense, le principal corps d’armée se forma à Zurich, sous le commandement de George

’ Ballinger.

‘ Du 5 juin. Coll. Siml., XSin. Du 17 juin. J. Z. DCXI, 9.

’ Bullinger. Salai.

'' Mycomns, qui a trace un (al)lcaii pittoresque, iiu peu trop exagéré, (le la campagne.

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