‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 187 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CIIAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CIIAP. II

Berguer. La bannière fut déployée selon l’usage; quatre mille hommes d’élite vinrent se ranger autour d’elle. On remarquait parmi eux Zwingli, une belle hallebarde au poing". Ils furent passés en revue, prêtèrent serment et se mirent en marche , suivis d’une puissante artillerie et d’approvisionnemens dés long-temps amassés. Arrivés à Cappel, ils apprirent que huit cents hommes de Zoiig étaient campés à Baar, et il fut un moment question de les surprendre ; mais la loyauté des capitaines ne leur permit pas de se livrer à des hostilités avant que la guerre eût été solennellement déclarée.

Fendant que l’armée prenait ses campemens , le bailli de Kybourg, Lavater , poursuivait sa marche avec sa division et s’approchait de Wyl, située dans les domaines de l’abbaye de St.-Gall. L’abbé, François de Gaissberg, gravement atteint d’hydropisie, s’était depuis peu fait transporter au château de Rorschach, fortifié par ses ordres. Comme ses richesses et le nombre de ses sujets le rendaient un des adversaires les plus puissans de la Réforme, Zurich désirait ardemment la sécularisation de son abbaye '•’, et la ville de St.-Gall s’empressa d’y travailler. Quatre jours après le départ de l’abbé, Vadian entra dans le couvent, et signifia l’inébranlable résolution des St.- Gallois de rentrer dans l’usage de la cathédrale et d’enlever les images qui la souillaient. Les moines protestèrent en vain. Ils réclamèrent inutilement l’in-

** « Injussa dominoram. > Mycontus. Bullinger le nomme ï tort aumônier de l’armée. Voyez B. fV eiss,

• Piis si fuisset oblemperalum consiliis, Helvetia pristinum statuin facillime reeuperasset. • Myconius.

U Coll. SM., XXII. Zwingli y revient fréquemment.

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tercession du capitaine-général Frey, de Zurich , qui représentait les Cantons avoués de l’abbaye; Frey avait reçu secrètement l’ordre de laisser faire Tout fut brisé en peu d’heures , et quarante-deux chars de dé* bris furent livrés aux flammes Quelques conventuels prirent la fuite, après avoir mis en sûreté l’or et les effets précieux de leur maison

Parmi ces moines fugitifs il en était un, nommé Kilian Germann, qui, plus adroit et plus actif que les autres , comprit l’importance qu’il y avait à ce qu’un successeur fût donné à l’abbé François aussitôt qu’il aurait rendu le dernier soupir, et avant que le bruit de sa mort se fût répandu. Il s’entendit à cet effet avec les serviteurs de l’.abbé. Celui-ci mourut le 21 avril ; mais durant six jours encore on cacha son décès. On porta comme d’ordinaire ses repas dans sa chambre. Son corps fut enfermé dans une bière enduite de résine. La nouvelle de sa mort ne fut portée qu’à Rapperschwyl , où les chanoines se tenaient assemblés. Ils élurent Kilian, qui courut à Rorschach, et publia en même temps son élection et la mort de son prédécesseur Il n’eut ensuite rien de plus pressé que de se faire reconnaître par ses sujets et d’obtenir la confirmation des avoués de l’abbaye. Lucerne et Schwyz ratifièrent volontiers la nomination ; Glaris y consentit avec plus de peine ‘®. Zurich , déçue dans son espoir, refusa son adhésion et se hâta

Rapport de Frey, du 19 février. Coll. Siml. St-Gall à Zurich, ji. Z. CLXIV, 2.

Kessler.

A St.-Gall. Acta monaslerii. IX.

n'Arx, II, 5 7.

** Acta monast., IX, dn 5 juin.

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