‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 19 sur 234 · LIVRE VII. PART. I. CHAP. ni · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. I. CHAP. ni

Confédérés. Telle était la situation de Tltalie en l’âft 1520, quand Charles-Quint forma le projet d’y attaquer la prépondérance de son rival. Il fit faire secrètement des ouvertures à Léon, qu’il savait n’ètre pas sans inquiétude sur l’accroissement^ du pouvoir de la France , et il fut écouté. Fidèle à son système d’affaiblir l’un par l’autre les deux adversaires, Léon s’allia an plus éloigné pour se défendre contre celui dont il redoutait la plus prochaine atteinte. Ainsi fut formé le plan de replacer, par de communs efforts, le fils du malheureux Louis Sforze sur le trône de son père*’.

Le territoire que François I" possédait en Lombardie était couvert à l’Occident par les états indépendans de Gènes et de Savoie; Venise et l’Adda le protégeaient à l’est, et le Pô le défendait au midi. Au-delà du fleuve les états de Parme et de Plaisance , encore occupés par les armes françaises, formaient un poste avancé, avec lequel on communiquait par un pont jeté non loin de Crémone. Ce fut sur ce pont que commença la guerre. De nombreux exilés milanais s’étaient réunis à Reggio, et iis n’y attendaient pour se porter en avant que Moron, qui devait les guider. Thomas de Foix le sut. 11 commandait à Milan durant une absence de Lautrec, son frère, qui en était gouverneur. Foix résolut de préveoir l’ennemi. Il se présenta devant Reggio ; quatre . cents lances et mille fantassins le suivaient à «distance; il demanda et obtint une entrevue avec le commandant de la ville. Ce commandant était rhistorien Guicciardini, Instruit de l’ap proche des Français, il s’était mis à l’abri d’un coupde-main, et reçut Thomas de Foix devant la. porte de

* Galcazto Capeda, Gtticeiardûii f Ttehitdi, À»3kê(m,Sitttler^ ,

Parme, il la saillie des fortifications. Ils étaient h s’accuser mutuellement de la violation des traités existans, lorsque les cavaliers français cherchèrent à pénétrer dans la place. Ils croyaient surprendre et furent enxmémes surpris. Ils s’enfuirait, laissant Thomas de Foix entre les mains de Gaicciardini,qui s’assura de I sa personne, le traita avec égards, et, délivré de tout sujet de crainte, ne tarda pas à le renvoyer sans rançon.

Cette affaire combla les vœux de Léon. L’alliance qu’il avait conclue et les préparatifs qu’il faisait, se trouvèrent justifia. 11 parut avoir été l’objet d’une injuste aggression, et partant il se vit en drœt d’invoquer le traité qui liait encore les Suisse à sa cause.

Le général français avait été au-devant de tous ses vœux ; mais Foix sut réparer sa faute par son activité. Son premier soin fut d'accroitre le nombre des Suisses qui servaient la France, il ne réussit pas à débaucher ceux des soldats Confédérés qui depuis la dernière i

campagne étaient demeurés à la solde du pape ; mais I

George de Flue lui amena quatre mille Valaisans, et Baptiste Romano eut en peu de temps levé huit mille hommes dans la Suisse occidentale, malgré l’opposition des gouvememens. On vit de nouveau le fils quitter la maison paternelle, journaliers et valets s’enfuir. Les pères de la patrie, réunis en diète à Lucerne, se firent de mutuels reprocha >et furent contraints au pénible aveu de i’impuissance où ils étaient de faire respecter leurs ordres par la jeunesse. Foix , à la nouvelle de l’arrivée d’aussi puissans renforts, écrivit fièrement au roi qu’il avait su s’entourer de plus de Suisses qu'il n’était nécessaire, et que désormais il pouvait se rire des plans de l’ennemi. En même temps

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