‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 20 sur 234 · LIVRE VII. PART. I. CHAP. ni · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. I. CHAP. ni

il conjura son frère, à qui appartenait le gouvernement du Milanais, d’y venir reprendre le commandement. Lautrec ne partit qu’après avoir reçu la promesse réitérée , qu’on ne tarderait pas à lui envoyer des sommes considérables' d'argent.

Sur ces entrefaites se présenta à Lucerne devant 1^ Diète assemblée, Ennius, évêque de Yéroli, légat du Saint-Siège’. Il raconta comment Thomas de Fois, ce fils d’iniquité , avait cherché à surprendre Reggio par trahison , dans le temps où Léon s’abandonnait à tous les rêves de paix. 11 fit voir qu’après avoir accablé le traître de sa malédiction, le soin .restait au pape de songer à garantir ses états contre les atteintes d’un roi perfide; U demanda à cet effet dix mille hommes, et pria les Confédérés d’empècher tout enrôlement pour la France®. Cette demande fut appuyée par le cardinal de Sion.' Ecrivant aux Confédérés comme revêtu des pleins pouvoirs de l’empereur, il les rendit attentifs à la puissance de Charles ; il leur peignit sous les plus vives couleurs l’empire attentif aux démarches des Suisses, la France en péril, et de grands avantages attachés au parti qu’il leur proposait. Mais la haine que portaient la plupart des Cantons à ce prêtre remuant, ôtait par avance toute force aux motifs qu’il pou^ vait alléguer. Aussi, dés que l'ambassadeur de France ‘ eut déclaré que le patrimoine de l’Église n’était menacé en aucune manière, le légat reçut-il pour unique ré|* ponse le refus de tout enrôlement, avec l’assurance que les levées faites par le roi de France ne devaient donner aucun ombrage au Saint-Siège. Vainement En-

’ Le 10 août 15J1. A. Z.

' Lettre du 8 août A. Z,

nius témoigna sa colère. Il demanda inutilement qu’il lui fût donné communication par écrit de l’arrêté que venait de prendre la Diète, et qu’à cette pièce fussent jointes les signatures des députés. 11 eut beau menacer de s’adresser au peuple des paroisses, et faire entendre •qu’on s’exposait à la disgrâce signalée du souverain pontife, et même à son excommunication^. Il finit par être forcé de reconnaître que les esprits ne se rapprochaient pas de lui, et qu’il n’avait aucun sucoés à attendre, si ce n’est peut-être à Zurich.

Zurich ne s’était point, par une alliance avec la France, mise en opposition avec d’anciens traités, et son canton non moins que les autres abondait en aventuriers belliqueux Il s’y trouvait aussi de ces hommes dont la scrupuleuse délicatesse lisait dans la lettre des engagemens pris avec Rome l’obligation de lui livrer des soldats. Ils étaient, il est vrai, combattus par d’autres qui ne voulaient absolument pas que les Suisses prissent part aux querelles de l’étranger ; r< Jene veux, disait Zwingli, jene veux d’autre preuve du mal que nous font les traités avec les princes, que l’obligation où nous sommes de les tenir. Pour moi, je voudrais pendre le parchemin de cette convention au dos du légat, et chasser bien loin ces hommes à cape et à manteau rouge. Je sais que, lorsque vous découvre* ce large vêtement, il en tombe des ducats; mais retour- •nez-le , vous le verrez trempé de notre sang. » On crut néanmoins être lié par l’existence du traité, et l’on accorda deux mille hommes. Le cardinal leur adjoignit quelques centaines de guerriers qu’il leva sous le nom

' Le 17 août.

*• BuUingtr,

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