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LIVRE Vil. PART. IV. CHAP. II

échappé 11 s’efîorça donc de remettre en mémoire l’intolérance des catholiques et leurs constantes accusations d'hérésie; il compara leur invocation du droit à celle d'un criminel que l’on conduirait à l’échafaud et prophétisa que, s’ils n'étaient cette fois humiliés, ils ressaisiraient le sceptre et opprimeraient l'Évangile. Ensuite , et d’une voix si forte que les catholiques purent l’entendre** , il accusa l’avoyer Houg de s’étre enrichi en vendant sa patrie aux étrangers. Il conclut en repoussant toute pacification , tant que les coupables n’auraient pas été châtiés. Jean Escher lui répondit : « Vous prenez les choses trop à cœur , maitre Ulrich. Voyez comme tout s’achemine à une paix honorable. N’est-elle pas préférable à la plus brillante victoire remportée sur des Confédérés ? » On prit les résolutions qui devaient être portées à l’armée des catholiques ; après quoi , rendant tout honneur aux députés des cinq Gantons , on les accompagna jusqu'à leur sortie du camp.

 leur tour cinquante officiers et un certain nombre de soldats de l'armée zuricoise se rendirent dans le camp des catholiques. Une décharge d’artillerie se lit entendre en leur honneur. L’armée était en bel ordre le fer couvrait les Unterwaldiens et la menace était dans leurs yeux Jean Escher parla au nom des Réformés : « Chers Confédérés, s’il nous eût été donné plus tôt de pouvoir nous présenter, comme à cette heure, devant vous, la guerre n’eût pas éx:laté; et elle n'ira pas plus loin , si vous vous montrez équi-

Myconius,

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labiés. » Il exposa alors les griefs de Zurich. « Au reste, dit-il en finissant, nous eussions tout souffert, sans ce traité qui vous lie à ceux que vos pères ont toujours considérés comme leurs plus dangereux ennemis. Mais dés lors comment garder le silence? Et pourtant nous n’avons point encore levé les premiers l’étendard. Vous le savez ; les rations étaient préparées à Mouri pour y recevoir un corps d’Unterwaldicns avant que nous eussions fait aucune levée. Quelle est donc notre volonté? que veut l’Évangile? L’Évangile veut le bien de tous, le rétablissement des anciens rapports de fidèle alliance, il veut la liberté, que nous réclamons pour nous et que nous n’avons jamais songé à vous enlever. » Comme les catholiques croyaient que les campagnards des Gantons réformés étaient bien moins partisans des nouvelles doctrines et de la guerre que ne l’étaient les citoyens des villes ; ils engagèrent plusieurs paysans zuricois à prendre la parole. Mais ceux-ci s’exprimèrent avec originalité et chaleur dans le même sens qu’Escher**. L’impression qu’en reçut l’auditoire fut diverse. Plusieurs, particulièrement d’entre les Lncemois, accusèrent leurs chefs de leur avoir présenté les faits sous de fausses couleurs**; d’autres trouvèrent les plaintes des évangéliques exagérées et le langage de leurs orateurs insolens Mais cette disposition défavorable devint générale par l’imprudence d’un Zuricois. Un catholique ayant voulu montrer que les voies légales avaient

toujours été repoussées par les Réformés, et offertes

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