LIVRE VU. PART. IV. CHAP. U
par son parti : « J’ea vais donner une preuve, dit Ulrick Funk ; ce malheureux prêtre qui a été livré aux flammes à Schwyz , a demandé justice, et vous l’avez livré au bourreau. » Ce mot souleva un bruyant tumulte ; la conférence fut interrompue ; et sans le cortège qu’on donna aux Zuricois, ils eussent eu de la peine à regagner leur camp.
C’est avec plus de succès que les médiateurs réunis >
à Steinhausen , travaillèrent à la paix. Le manque de vivres disposait les catholiques à des concessions , et les principaux d’entre les Zuricois se montraient faciles. Vainement Zwingli écrivait, priait, conjurait les siens de saisir l’occasion unique de mettre un terme aux pensions étrangères, et de fermer cette source première des maux de la Confédération ; des considérations plus puissantes plaidaient pour l’œuvre des médiateurs. Plusieurs l’appuyaient par amour de la paix et par un sentiment de droiture ; d’autres par la crainte qu’ils avaient de Zwingli et d’une démocratie ** ; la ferme déclaration de Berne qu’elle ne se prêterait à aucune intervention dans les affaires intérieures des Cantons catholiques, et son opposition à ce qu’ils fussent privés de leurs droits de souveraineté dans les bailliages communs , jetèrent un dernier poids dans la balance. Enfin la pâix fut conclue aux
*’ Lettre de Zwingli, du 30 juin. A. Z. DCXI, 5.
*• Escher disait avec quelque humeur en ouvrant la délibération devant l’armée : « Puisqu’on en est venu à ce que chevalier et valet, capitaine et soldat, l’un vaille l’autre, mon avis est que chacun ouvre son avis, et dise s’il veut paix ou bataille. • Zwingli , apprenant qu’à Berne on avait quelque peine à abolir les pensions, voulait qu’on adressât des députés aux communes : «car je sais, disait-il. qu’elles ne pensent point comme certains gros Jeans ( grosse Hansen ). • Kessler.
*’ Berne à Zurich, 10 juin. A- Z. DCXI, 5.
412 HISTOIRB DK 1,A SUISSE,
conditions suivantes : » La foi est libre; partant, les cinq Cantons ne seront pas contraints à embrasser l’Évangile, et dans les bailliages communs, les sujets pourront se prononcer pour ou contre la Réforme à la pluralité des suffrages. Le traité fait avec le roi Ferdinand est aboli , et l’acte en sera annulé. Plus de ces diètes où quelques Cantons , à l’exclusion des autres, traitaient d’affaires concernant tout le corps helvétique. Il ne sera plus fait saisie de biens ecclésiastiques. Moumer rétractera en présence des Confédérés ses propos injurieux. Les médiateurs détermineront la somme que les cinq Cantons auront à payer pour les frais de la guerre. Ce qu’il y a de juste dans les plaintes des Thurgoviens, sera pris en considération. Quant aux pensions des princes , le vœu est exprimé d’y voir mettre un terme par une loi. » Les derniers articles assuraient une indemnité à la famille de Kaiser , garantissaient amnistie , interdisaient toute nouvelle offense et renouvelaient l’ancienne alliance des Confédérés.
Restait encore le débat de Berne avec l’Unterwald. Mais Berne n’eut pas plus tôt reçu l’avis du traité; qu’elle dépêcha le message suivant à son armée : « Vous n’eussiez pu nous adresser une meilleure nou* velle que celle de la paix qui vient d’être conclue. Vous pouvez maintenant négliger notre différend avec rUnterwald , sans que notre honneur ait à en souffrir. La chose urgente est aujourd’hui que les députés des Cantons tournent leurs regards vers les ennemis du
*' Le Irailé se Irouvc en entier dans le premier cahier des Archive» d'huloire ct <ie statistique, qui se publient .=i Zurich ; cl Rachat , 11. Pièces jiistl/irntivcs , n° fi, , ■ ■
’* l'ii 15 juin. .1. Ikiiie.