‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 192 sur 234 · LIVRE VU., PART. IV. CH AP. II · texte numérisé non relu

LIVRE VU., PART. IV. CH AP. II

dehors; il faut qu’à l’avenir ni Bourguignons, ni Belges, ni Lorrains, ni Autrichiens, ni quelque étranger que ce soit ne puissent impunément menacer nos frontières; qu’appuyés les uns par les autres, nous leur opposions, comme faisaient nos pères, une phalange unie et serrée. Voyez si nous pouvons compter sur un pareil appui de la part des cinq Cantons. « C’était ce à quoi les Cantons avaient peine à donner la main*®. Ils renvoyaient, sous divers prétextes, de livrer l’acte de leur alliance avec l’Autriche. Les Zuricois, témoins de cette hésitation, rallièrent leur armée. Les médiateurs supplièrent. Les Bernois menacèrent d’aller chercher l’acte « en procession , » s’il n’était pas remis aussitôt. On l’apporta enfin à Cappel la nuit du 25 juin. Alors et sans retard, les médiateurs entrèrent dans la grande salle du couvent, suivis d’un mélange de soldats des divers Cantons. Aebli déroula le parchemin et le remit au secrétaire, qui lut les premières lignes et jusqu’aux noms des négociateurs suisses et autrichiens. « C’en est assez, dit alors Aebli. » « Non pas , s’écria un Zuricois , nous voulons tout entendre, dévoilez la perfidie tout entière. » — Vous m’arracherez plutôt la vie, » répondit Aebli; et, en disant ces mots, il rompit le cachet et déchira l’acte en morceaux, qu’il remit au secrétaire pour les livrer aux flammes**. Dés lors rien ne s’opposa plus au licenciement des milices. Celles des Réformés rentrèrent dans leurs foyers en triomphe **. Zwingli seul portait ses regards vers l’avenir avec une sombre tristesse. Il

BuUinger. Plaller, Autobiographie, l/actc se trouvait nVtrc entre les mains de personne.

Pliilier, qui ^-tait’présent.

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marchait à l’écart et déposa sa douleur dans un chant qui commençait par ces mots : « Gouverne maintenant toi-même ton char, ô Seigneur ; car nous sommes prés de devenir la fable des hommes orgueilleux. » Les médiateurs fixèrent les frais de guerre , que Berne et Zurich devaient retirer, à deux mille couronnes d’or payables le 24 juin de l’année suivante. Les biens de Mourner, qui s’était enfui sous un déguisement, furent confisqués Enfin un édit, publié au nom de tous les Confédérés, interdit toute calomnie et toute injure, afin U qu’avec l’aide de Dieu , Ton pût renaître à la vieille amitié et à la concorde fraternelle. »

SaUtt. Zurich à Strasbourg, au commencement de 1530 (Coll, Siml., XXII). Berne à Bâle, 2 septembre 1529. A. B.

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