‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 194 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CHAH. III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CHAH. III

arrivèrent à Marbourg protégés par une garde que le prince leur avait envoyée pour leur sûreté. Les détails du colloque appartiennent à Ihisloire ecclésiastique^. Son résultat fut que des deux parts on persévéra dans sa manière de voir, bien que, sur la demande du prince, les Réformateurs rendissent un témoignage public d’accord sur tous les points principaux de la foi chrétienne. Vainement le landgrave, usant de prudence, avait commencé par aboucher Luther avec OEcolampade, et Zwingli avec Mélanchton, évitant de mettre dés l’abord aux prises les chefs bouillans de la Réforme®; le moment vint où Luther et Zwingli durent se trouver en présence. Quelque temps le sentiment qu’ils avaient de leur haute mission répandit une teinte de modération sur leurs discours ; par momens l’entretien fut celui de frères; mais la rudesse de l’Helvétien finit par s’irriter de l’opiniâtre obstination de Luther, qui de son côté fut blessé du ton triomphant avec lequel Zwingli lui fit sentir sa supériorité en logique et en savoir. Ils se séparèrent aigris et ne tardèrent pas à montrer l’un et l’autre que l’aiguillon était resté dans leurs plaies.

Plus l’espoir de voir les théologiens concilier leurs opinions se perdait, plus le landgrave et son parent, Ulrich de Wurtemberg, qui vivait auprès de lui dans l’exil, travaillaient à faire sortir de la conférence des résultats politiques. Des négociateurs furent à cet effet appelés à se joindre aux théologiens ; Collin vint de

* Us se lisent dans Bucerii Narralio de Colloquio Marb. Brentii Narra" iio. Luther, U X\l, XVII. Ballinger (Fassli, Mém., III.) et Hoepinien, Hut. sacramentaria.

' Mais ni Mélanchton, ni Œcolainpnde ne lirenl en ces circonstances preuve de modération.

Zurich , Funkde Bàle et le bourgmestre Stourm de Strasbourg. La situation de l’Europe fut mûrement pesée ; on posa en fait la nécessité de rétablir le duc de Wurtemberg dans ses États, afin de détruire la prépondérance de l’Empereur dans l’Allemagne méridionale. La Suisse eut pour rôle d’être le rempart de l’Allemagne du côté de l’Italie. Il fut convenu d’envoyer des hommes sûrs en France’ et à Venise. Un acte secret lia entr’eux le landgrave, le duc, Stourm et Zwingli ; puis ce dernier, après avoir vu son horizon politique s’étendre , revint dans sa patrie, enhardi dans ses projets '

Il fut témoin à son retour des nouveaux' progrès qu’avait faits la Réforme. Zurich, usant de tous les avantages que lui assurait la paix nationale , avait semé les sollicitations , les encouragemens et les secours *. Sans s’inquiéter des protestations des cinq Gantons, elle avait répandu jusque chez eux les Bibles et les traités des réformateurs; et ces livres avaient été lus avec intérêt®. Dans les bailliages libres la plupart des communes s’étaient prononcées à la pluralité des voix pour la doctrine nouvelle. En Thurgoviey la victoire était complète*®. Zurich faisait surtout une guerre persévérante aux couvens, qu’elle regardait comme les foyers du parti Tomain. Elle ne cessait de demander en Diète qu’ils fussent surveillés avec soin ,

’ CoU. Stml. Arch. Zar. CCGCXXXI, 2. Ballinger. ‘ .

' CoU. Siml. Ballinger. SieUler.

* Salai. • Die Sectiiclien hatiend by den V Orten vil elends Hudelvolk gefunden, die ihnen lusiend , die ay taglich mit ibren Lampengediehten, Teatamentlin and Büchlin fÛUtend mit ateiem Anhaften, wU ihnen dit fV ahrheit verachwiegen würd. »

*• Le 15 déc. 1829. Ballinger. B. fVeiaa. Arch. Zar. 16 dée.

Page 1