‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 195 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CHAP. III

qu'on y plaçât de bons pasteurs, qu’on y établit des écoles, qu’il fût fait lecture de la parole de Dieu, et que les religieux fussent libres d’en sortir”. En plus d’un lieu le vœu des Zuricois parut s’accomplir. A Wettingucn , les moines , les yeux en pleurs , se coupèrent les cheveux les uns aux autres et déposèrent le froc en présence d’envoyés bernois et zuricois*^. Pfeffers se réforma, tandis que son abbé courait au loin dépenser les biens meubles du couvent. Il n’était pas jusqu’à Einsiedeln qui ne fût ébranlé. L’ami de Zwingli, le généreux Géroldseck, n’en était plus l’administrateur ; il avait dû fuir, et s’était réfugié à Zurich, où on lui avait fait un modique revenu des biens que l’abbaye possédait sur le territoire du canton. Le successeur que Schwyz lui avait donné , sans argent, sans considération, sans conseil, se vit encore excommunié pour avoir été élu par des laïques’®. Deux commanderies de l’ordre de Saint-Jean renoncèrent à la messe et aux images ; c’étaient Hitzkirch et Wàdenschwyl. La première fut réformée par son commandeur Albert de Mulinen, impatient de se délivrer du froc”. La seconde le fut par ordonnance de Zurich, qui lira les chevaliers de l’embarras où les mettait l’insubordination de leurs administrés Les alarmes que ces progrès de la Réforme donnèrent aux Catholiques furent portés au comble par l'accession de Scbaffhouse à l’alliance de combourgeoisie chrétienne '®.

Jrch. Zur. DCXl , 9.

Ballinger. Siettler. Coll. Siml. XXIV.

*• Coll. Siml. XV, XVII. Leu.

“ Coll. Siml. XXIII. Lettre à Zwingli.

** Escher, art. Wadenscbwyl, an tome I des Schmeit. Ritterbargen and BergechlOsier.

Le 25 oct. 1529. Kirchhofer.

Dans les Cantons où les deux croyances partageaient les esprits , régnait une vive agitation. Claris avait grandi par la médiation qu’il venait d’exercer, et il avait d’ailleurs de l’importance par sa position géographique entre les Grisons , Zurich et les Cantons forestiers. Aussi ses orageuses landsgemeinde étaient-elles sollicitées par des envoyés de toutes les parties de la Confédération. Un jour qu’Aebli, revenant de la Diète, passait à Zurich, beaucoup de citoyens s’offrirent pour lui former un cortège d’honneur ; ils voulurent savoir toutefois s’ils ne seraient point mal accueillis par les Glaronnais catholiques; i< plus l’escorte sera considérable, mieux cela vaudra, » répondirent ceux-ci Ce n’était pas qu’ils ne vissent avec une vive peine les Évangéliques l’emporter par leur nombre dans toutes les landsgemeinde, et qu’appuyés sur Schwyz, ils ne fussent résolus à obtenir au moins tolérance pour leur culte, parfois même pour des crimes commis par des gens de leur parti’*. Ulrich Richener, pasteur réformé, ayant été assailli sur son chemin par des hommes d’une foi différente de la sienne, se défendit intrépidement jusqu’à ce que l’un d’eux lui eût arraché l’épée; il s’enfuit alors ; mais ils le poursuivirent , l’atteignirent dans les solitudes du Rietground , et le massacrèrent. Leurs noms, leur crime, tout était bien connu. Mais Schwyz ayant déclaré qu’ils n’étaient point coupables , que le prêtre avait mérité son sort, et que sa fin n’avait été que la récompense de sa vie, un court exil fut la

Ils inviltrcnt Zwiugli à être de la partie ( Arth. Zur. GXJiVUI. 1^.

*• Fal. Tschoudi. Ægidias Tscboudi, bailli de Sargans, persécntait le pastenr de Floams, village où les Réfonnés avaient obtenu la majorité des voir. Ce fut le sujet d’une longue correspondance entre Zurich et Claris {Coll. Siml. XXV).

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